Le mot du mois

 

Le mot du mois

 

 

Comment devenir serviteurs aujourd’hui ?

Nous aimerions que nos églises changent, qu’elles soient plus dynamiques et parfois « le soir, le matin et à midi, nous soupirons et gémissons » (sous-entendu nous prions) Ps 55,18. Nous pensons qu’elles étaient mieux hier… ». Nous prions pour que Dieu envoie des ouvriers dans sa moisson… Certes ! Jésus a rappelé que la moisson était grande, qu'il y avait peu d'ouvriers, qu’il fallait prier. Mais, nous oublions parfois, que Dieu veut peut être que nous soyons nous-mêmes la réponse à nos propres prières.

Nous voulons une église bien structurée, forte, qui rayonne ! Que faisons-nous ou qu'avons-nous fait ? Nous voulons la croissance de notre assemblée ? Qu'avons-nous fait ou que faisons-nous ? Nous voulons servir le Seigneur ? Nous voulons nous engager dans le service ? Que faisons-nous et qu'est ce que Dieu nous dit ? Entendons-nous son appel ? Persévérons-nous ? Quelles sont nos priorités dans la vie, l'Église de Jésus Christ ou nos envies et nos besoins personnels ?

Dans notre monde il nous est possible de devenir ces serviteurs que Dieu souhaite et attend chaque fois que nous fuyons les passions inutiles, que nous contrôlons notre appétit vis-à-vis des biens trompeurs de ce monde. Chaque fois que nous renonçons à la violence, que nous ne cherchons pas à frapper les autres - pas seulement par le geste mais aussi par la parole. Chaque fois que nous faisons preuve d’indulgence, que nous nous appliquons à la douceur. Ce mot doux signifie ici non pas quelqu'un qui est mou, apathique, mais quelqu'un qui montre de la force, du caractère. Chaque fois que nous préférons nous comporter comme des êtres pacifiques en recherchant la paix. En ne cherchant pas à diviser pour régner, en renonçant aux querelles stériles et aux rivalités mesquines fruits de nos jalousies. Celui qui s’engage dans sa manière d’être au service de Dieu montre la voie et s'efface, il ne cherche pas à paraître.

D'après les paroles de Jésus en Mt 5, « heureux ceux qui procurent la paix », l’Église devrait être le haut lieu de la démocratie, un agent de paix.

Demandons-lui de bénir le travail de notre église, mais engageons-nous complètement. Commençons quelque chose et allons jusqu'au bout sans nous arrêter en chemin. Si nous prions pour le bien de nos familles, de notre entourage, nous devons témoigner devant nos proches. Si nous intercédons pour des gens ou pour l'assemblée qui a des besoins financiers mettons la main au porte-monnaie…

Parfois nous demandons au Seigneur de consoler, d'encourager les personnes seules, en difficulté, mais nous ne faisons pas d'efforts pour eux, pour leur rendre visite pour les aider. Bien sûr Dieu veut que nous lui fassions part de nos requêtes, mais dans bien des cas il veut que nous joignions le geste à nos prières.

Amis, ne laissons pas le passé, avec ses échecs, entraver le présent et barrer le futur. Ne laissons pas nos habitudes, nos conceptions, nos méthodes, même si elles sont bonnes, ne les laissons pas prédominer sur ce que nous percevons clairement être la volonté de notre Seigneur aujourd’hui.

Souvenons-nous, dans Luc 5 versets 1 à 10, les gens se pressent autour de Jésus, pour l'écouter, le voir, le toucher, être guéris. Ils y ont soif d'entendre le message de la vie. La grâce et la vérité sortent de sa bouche et il sait donner une parole à celui qui est fatigué. À côté, il y a Simon Pierre et ses associés, Jean et Jacques. Ils rentrent bredouille de la pêche, leur souci c'est de nourrir leur famille correctement. Ils sont fatigués, découragés, écœurés... sûrement qu’ils n'ont rien capté du message de Vie que vient de donner Jésus à la foule… Alors Jésus leur donne une mission : « Avancez en pleine eau…..Et jetez vos filets….. ». Non seulement Simon accepte d'aller en pleine eau, mais il va jeter les filets.

Comme Simon répondons aujourd'hui « sur ta Parole je jetterai le filet ».

À l'issue de cette pêche, ils vont tout laisser tomber, tout lâcher et suivre Jésus. Ils auraient eu de quoi vivre tranquillement un bon moment, cette pêche venait de leur rapporter gros. Et bien non, ils laissent tout ! Ils vont se consacrer totalement.

Ne vivons pas de nos expériences passées, même si elles ont été bénies, merveilleuses. Oublions le passé et suivons Jésus aujourd’hui. Nous devons apprendre à obéir et à suivre Jésus pour notre joie et notre force. Notre vie est en Lui seul. Lui faire confiance c’est la clé ! Ne dites pas : il ne faut pas m'en demander trop !!! Ou : je ne peux pas !!! Je ne pourrai pas !!!!

Un proverbe danois dit : « Ce que vous êtes est un don de Dieu pour vous ; ce que vous faites de vous-même est votre don à Dieu ».

Mettons au service des autres le don que nous avons reçu (1 Pierre 4,10). Dieu a droit au meilleur de nous-mêmes. Comprenons ce que le Seigneur attend de nous (Éphésiens 5,17). Laissons-nous influencer par l'Esprit de Dieu. Soyons sûrs et certains que Dieu n'est pas limité. Il fait tout parfaitement si nous le laissons aux commandes. Ne ratez pas le plan de Dieu, c'est maintenant, c'est ici et c'est pour vous !

« L'Éternel étend ses regards sur toute la terre, pour soutenir ceux dont le cœur est tout entier à lui » (2 Chroniques 16,9).

Mes frères, mes sœurs, allez-vous être, accepterez-vous d’être vous aussi celui, celle que le Seigneur peut utiliser ? Allez-vous contribuer à accomplir le plan de Dieu ?

 

 

 

Février 2012

 



 

                


 

 


 

 


 


 


                                                        Janvier 2012

 

Le mot du mois

 

 

Le temps et nous !

 

Il y a le temps qui nous est donné et le temps que nous donnons.

Il y a le temps mécanique et inexorable des horloges de nos maisons et de nos villes, celui aussi de l'horloge céleste. Il ne tient pas compte des situations personnelles de souffrance et de joie, ni des circonstances. Est-il vraiment le même pour le détenu en prison et le malade à l'hôpital ? Pour les amoureux en "lune de miel" ou les passionnés de jeux ou de voyage ? Le temps que vivons paraît long ou bref selon nos dispositions : insomnies ou amusements, joies ou déception, enfance et quatrième âge…

Il y a aussi le temps que nous offrons aux autres, il se quantifie difficilement. Une parole, un geste, une lettre, un appel téléphonique peuvent marquer nos interlocuteurs pour des heures ou des années. Soit pour ravager leur vie et leurs élans. Soit pour être un stimulant, un équilibre, une confiance, un dynamisme. La puissance d'un sourire, d'une main tendue, d'un don s'étend sur des distances inattendues.

En cette année 2012, combien ferons-nous de gestes, dirons-nous de paroles à valeur incalculable, éternelle ?

Pour Dieu qui veille et nous aime « 1000 ans, sont comme le jour d'hier » (Ps. 90,4). En Dieu, dans l'amour et la confiance, le temps s'évanouit comme un songe au matin. Le temps est vaincu, la mort, signe permanent du temps qui nous constitue et nous fait, l’est aussi.

Après la croix, Jésus est affranchi des limites du temps des hommes. Selon sa promesse, sa présence se concrétise en chacun de nous « Je suis avec vous tous les jours » (Mt 28,20).

Avec l'Esprit de l'Évangile, transformons le temps qui « attend » en temps qui « espère ».

La sagesse n'est-elle pas de vivre chaque jour comme s'il était le dernier de nos jours et plus encore, comme s'il était le premier ?...

C’est avec les mots du poète que les conseillers presbytéraux se joignent à moi pour formuler nos vœux pour cette nouvelle année qui s’offre à nous :

« Nous vous souhaitons des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns.
Nous vous souhaitons d'aimer ce qu'il faut aimer, et d’oublier ce qu'il faut oublier.
Nous vous souhaitons des passions. Nous vous souhaitons des silences.
Nous vous souhaitons des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants.
Nous vous souhaitons de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque.
Nous vous souhaitons surtout d'être vous. »
(Jacques Brel)

 

 

Janvier 2012

 

                                                        D&cembre 2011

 

Le mot du mois

 

 

L’agenda de décembre

Le vent fait s'envoler les dernières feuilles des arbres. L'automne s'en va, l'hiver arrive. On pourrait penser que tout cela est bien mélancolique. Mais non ! Tous nous attendons Noël qui approche. Et, comme les saisons rythment l'année, chaque temps liturgique nous replace dans une perspective qui donne sens à nos moments de méditations personnels et communautaires. Nous voici dans le temps de l'Avent qui signifie la venue, l'arrivée. Mais qui est celui qui vient ? C'est Jésus bien sûr ! Oui, mais encore ? C'est le Messie des prophètes, celui du chant d'Ésaïe : " Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur... Le loup habitera avec l'agneau... " (Ésaïe 11,1-6).

Pour moi, Noël, c'est ce temps fort de l'année où le Messie nous est présenté comme un être fragile et menacé, couché dans une crèche (Luc chapitre 2) ; c'est ce moment où Dieu est incroyablement humain, incroyablement proche de nous, où il plonge dans notre intimité la plus secrète. Car Noël, c'est ce temps où notre foi redevient presque candide, après toutes les interrogations de l'année. C'est la réjouissance infinie de l'annonce :

Un Sauveur nous est né !

Alors, vient aussi, comme en écho à cette joie, la gravité de l'Espérance, le tressaillement d'un désir de partage, l'anxiété d'une attente. Alors vient aussi, plus forte que jamais, l'envie d'écouter, de comprendre, d'annoncer la Parole toujours renouvelée de l'Évangile et bien sûr de chanter tous ensemble " Ô peuple fidèle, Jésus nous appelle ! Venez, triomphants, joyeux, venez en ces lieux... ".

Soyons nombreux lors de nos cultes de l'Avent et de Noël à entonner ce chant mélodieux. Soyons nombreux lors de nos divers moments fraternels annoncés dans nos activités du mois… Nous vous y attendons.

À tous, je souhaite un joyeux Noël dans la Paix de Celui qui vient !

 

 

Décembre 2011

 

                                                        Octobre 2011     

 

Le mot du mois

 

 

… si tu oublies de transmettre

Si tu oublies de dire à tes enfants que le Dieu auquel tu crois a créé pour chacun et chacune d’entre nous une terre extraordinairement belle où il peut faire bon vivre à condition de la préserver.

Si tu oublies de dire à tes enfants et aux enfants de tes enfants, que le Dieu auquel tu crois a donné vie autour de toi à toutes espèces de plantes et d’animaux, même celles qui te paraissent inutiles. Simplement pour la beauté et la bonté de la vie.

Si tu oublies de dire à tes enfants, aux enfants de tes enfants et à tes amis que le Dieu auquel tu crois nous a déjà libéré de tout esclavage dans lequel nous retombons sans cesse.

Si tu oublies de dire à tes enfants, aux enfants de tes enfants, à tes amis et à tes voisins que le Dieu auquel tu crois nous a parlé au travers des prophètes : pour nous dire d’écouter ce qu’Il veut pour nous et pour nous inviter à oser dire ce que nous croyons et avons compris de lui.

Si tu oublies de dire à tes enfants, aux enfants de tes enfants, à tes amis, à tes voisins et à tes parents que le Dieu auquel tu crois a de nombreux amis sur la terre et que si le cœur t’en dit, tu peux en faire partie.

Si tu oublies de dire à tes enfants, aux enfants de tes enfants, à tes amis, à tes voisins, à tes parents et à tes grands-parents que le Dieu auquel tu crois a envoyé son Fils, Jésus le Christ, pour que l’espérance d’être aimé de Toi, même au-delà de la mort, soit plus forte que tout et nous aide dans notre vie quotidienne.

Si tu oublies de dire à tes enfants, aux enfants de tes enfants, à tes amis, à tes voisins, à tes parents, à tes grands-parents et à tes ennemis que le Dieu auquel tu crois, tu peux t’adresser à lui dans la prière. Tu peux lui parler et lui demander ce que tu veux. Tu peux le remercier pour ce qu’il fait. Tu peux le louer car il est bon.

Alors oui si tu oublies de dire tout cela et bien d’autres choses encore, à quoi te sert-il de te dire chrétien ou chrétienne ?

À quoi te sert-il d’aller au culte le dimanche sans inviter une nouvelle personne à partager ce que tu vis ?

À quoi te sert-il d’étudier la Bible pour en garder son contenu pour toi et ne pas l’enseigner à tes enfants ou tes petits-enfants ? À quoi te sert-il de te plaindre qu’il n’y ait plus de jeunes dans l’Église ?

C’est aujourd’hui qu’il est nécessaire et impératif de transmettre.

Car transmettre est notre devoir.

Car transmettre est le métier de la chrétienne et du chrétien.

Transmettre ce que nous savons de la vie des êtres humains en relation avec Dieu et qui est issu de la Bible, le seul livre qui fait autorité pour nous.

Transmettre nos convictions qui proviennent de la foi donnée par le Christ.

Transmettre en témoignant par nos vies sous l’impulsion de l’Esprit Saint.

Va savoir… si tu oublies de transmettre…

Laurent Marty

 

 

Octobre 2011

 

                                            



                                                          Février 2011   

 

Le mot du mois

 

 

Garder la foi quand tout part en vrille !

Ce mois ci dans le cadre de notre travail inter religieux à Saint Amand nous aborderons le problème de la souffrance. Sans entrer dans nos futurs exposés permettez-moi quelques remarques préalables sur la question.

Un homme appelé Job avait de grands biens, il était non seulement riche et honoré de tous, ses amis l’appréciaient et en plus il était père de sept fils et trois filles. Il aimait Dieu et voulait lui plaire. Et comme il était soucieux de quelques péchés que ses fils auraient pu commettre, il offrait des sacrifices à Dieu pour leur pardon. Mais un jour sa vie a basculé…

On lui apprend que tout son bétail a péri, que ses enfants sont morts. Malgré tout cela il reste fidèle à Dieu. Ensuite il tombe malade, un ulcère le démange de la tête au pied. C’est alors que sa femme lui suggère de maudire Dieu et de mourir. Là encore il reste fidèle et refuse toute espèce de compromis. Après bien des discussions avec ses amis, Dieu a répondu à sa fidélité, il sera complètement rétabli dans ce qu’il possédait, il aura d’autres enfants ; mais surtout il aura appris a mieux connaître son Dieu…

Au travers de cette histoire vraie nous pouvons nous rendre compte qu’il est possible de traverser toutes sortes de difficultés et malgré tout de conserver sa foi.

Je voudrais que l’on réfléchisse ensemble au fait qu’avoir la foi, vouloir vivre pour Dieu de tout son cœur ne présage pas forcément de nos réactions. La Bible nous présente par exemple les réactions fortes et différentes des hommes de foi face à leurs difficultés. Prenons juste pour illustrer notre propos Joseph fils de Jacob et Élie.

Ainsi pour Joseph, si vous lisez Genèse chapitres 37, 39, 41 et 45, vous rencontrerez un homme qui s’est efforcé de bien réagir en « toutes circonstances », pourtant Joseph a été vendu par ses frères mais il a obéi à Dieu en repoussant la femme de Potiphar. Ses rêves de la lune et des étoiles sont contraires au fait que ses frères le vendent et qu’il devienne un esclave.

C’est la jalousie de ses frères et la convoitise de la femme de Potiphar qui l’entraînent dans des situations difficiles. Ce même Joseph a cependant réussi à attirer les faveurs de ceux qui l’entourent ? (Genèse 39 v 1-7, v 21-23, 41 v 33-45). Il s’en est remis à Dieu qui n’a cessé de veiller sur lui. La bénédiction dont il est l’objet a même atteint son entourage. Face à tous les événements de sa vie ? (Genèse 45 v 3-9), même les plus sombres il a bien réagi parce qu’il pensait que ce qui lui arrivait pouvait devenir la volonté de Dieu. Jésus de la même manière ne dira rien lorsqu’il sera est condamné.

Maintenant parlons un peu d’Élie, voilà un héros de la foi pas toujours au mieux de sa forme ! Pour vous en convaincre relisez 1 Rois 19 v 1-18. La vie d’Élie est menacée, il est seul, il n’a pas assez de forces. Jézabel veut le tuer, les prophètes sont contre lui et le peuple d’Israël réagit mal face à lui. Troublé il se laisse aller à la dépression, au découragement et à la fuite. Il veut mourir, se plaint et se sous-estime. Mais il reste en prière, il est sincère même s’il ne comprend pas ! Et, surprise Dieu envoie un ange pour le nourrir et lui confie une nouvelle mission ; c’est un encouragement. Dieu pourvoit à ses besoins, Dieu lui donne un but : aller oindre un roi, lui le méprisé ! De plus il y a 7000 hommes qui ne sont pas tombés. Dieu a aplani les sentiers devant lui, Il transforme les choses difficiles et crée des circonstances plus faciles. L’épreuve dans nos vies demeure une grande inconnue de même que la souffrance. Les premiers chrétiens, touchés comme nous par ces choses, ont confessé que selon eux l’épreuve n’était pas sans objectif. Ainsi Jacques déclare : « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien » (Jacques 1,9).

Pierre emboîte le pas : « C’est pourquoi vous êtes remplis de joie, même si toutes sortes de difficultés doivent vous rendre tristes pendant un peu de temps. Ces difficultés servent à montrer la qualité de votre foi. L’or peut s’abîmer, on le met dans le feu pour voir s’il est pur. C’est pareil pour votre foi. Elle est plus précieuse que l’or, mais elle aussi est mise à l’épreuve. Alors, quand Jésus-Christ paraîtra, vous recevrez honneur, louange et gloire, à cause de la qualité de votre foi. » (1 Pierre 1,3-9)

Ainsi selon eux, nos difficultés servent à produire la patience, à parfaire notre foi, comme l’or qui reste intact dans le feu. Dieu éprouve notre foi, pour renforcer notre foi et pour nous aider à grandir en sa volonté. Pas toujours facile à admettre en vérité cela ne peut être compris que par la personne elle-même, il serait malsain et déplacé de lui réciter un catéchisme tout fait. Paul considérait en plus que « Dieu est fidèle, et qu’il ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces. Quand vous serez tentés, dit-il encore, Dieu vous donnera la force de le supporter et le moyen d’en sortir. » (1 Cor 1,9)

Ainsi Dieu attend de nous que nous soyons disponibles pour Lui, que nous soyons à l’écoute de sa volonté ; mais nous ne sommes pas toujours au top de notre forme, de nos sentiments.

L’histoire d’Élie nous parle car nous pouvons nous identifier à lui, il servit Dieu et au moment ou la dépression l’a envahi, Dieu qui est fidèle ne l’a pas laissé pas dans cet état. Je crois que quand des moments pareils peuvent nous atteindre, nous pouvons compter sur Dieu et lui demander son aide, Il est le Dieu tout proche le Souffle de notre vie.

Frédéric Verspeeten

 

 

Février 2011

 

                                                        Janvier 2011

 

Le mot du mois

 

 

À l’orée de l’année nouvelle, je laisse à votre méditation cette prière d’Evan Lewis, (Dunedin, Nouvelle Zélande) :

Ô notre Dieu, ce monde est le tien,
aide-nous à le faire tien.

 

Cette Création vit de ton amour
aide-nous à la faire vivre de ton amour.

 

Ce monde marche vers l’avenir que tu lui donnes
aide-nous à le faire marcher vers l’avenir que tu lui donnes.

 

Tu fais de nous tous tes enfants,
aide-nous à vivre comme tes enfants.
Tu prépares des œuvres bonnes pour chacun de nous
aide-nous à accomplir ces œuvres bonnes.

 

Ô notre Dieu,
si nous ne croyons pas

si nous n’agissons pas,
les ténèbres nous envahiront
et tout ce que nous aurons espéré
tout ce que tu auras voulu
perdra toute existence.

 

Mais si nous croyons,
si nous agissons,
les ténèbres nous envahiront
mais la lumière y brillera
nous verrons ton nouveau ciel, ta nouvelle terre
et tu feras par la puissance qui agit en nous
infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons
par Jésus-Christ

 

Amen.

Nous sommes pleinement impliqués dans la marche du monde, je le crois fermement et c'est pourquoi, comme le mois dernier, je répète ce texte biblique, considérant qu’il pourrait être notre mot d’ordre pour l’année 2011 !

« Mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, vous appliquant toujours avec un nouveau zèle à l’œuvre du Seigneur ; sachant que votre travail ne vous sera pas inutile auprès du Seigneur. » I Cor 15,58

(Bible Martin, 1744)

Frédéric Verspeeten

 

Toute l'équipe du Conseil presbytéral se joint à moi pour vous adresser leurs vœux les meilleurs pour cette année 2011. Nous vous souhaitons des heures apaisantes et stimulantes, riches en rencontres et en découvertes. Que ces mois à venir soient, pour vous et vos proches, un temps de paix et de joies partagées !

Nous tenons aussi à vous remercier vivement pour votre fidélité. Sans vous, les Églises réformées de Valenciennes et Saint-Amand & Lecelles n'existeraient pas. Cette fidélité est d'autant plus précieuse que nous savons combien sont nombreuses les sollicitations et combien il est devenu difficile de s'engager dans la durée.

 

 

Janvier 2011

 

 

 

 


 

 






                                                    Décembre 2010

 

 

Le mot du mois

 

 

Joyeux Noël

Le principal adversaire des chrétiens, ne serait-il pas la peur ? Pourtant, la Bible est au premier chef le livre du courage.

Dans une des lettres de Paul, il est question de la préparation au ministère d’un certain Timothée. À cette occasion, il lui est fait plusieurs recommandations solennelles touchant à sa vocation chrétienne, dont l’originalité est ici définie avec des mots très forts et qui conservent aujourd’hui une surprenante actualité. À l’esprit de peur ou de crainte, l’épitre oppose l’esprit d’énergie, de compassion et de maîtrise de soi : « Timothée ! Ce n’est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné mais au contraire un esprit d’énergie, de compassion et de maîtrise de soi. » (2 Timothée 1/7)

Dieu met donc à notre disposition une contreproposition majeure à l’esprit de crainte, qui est l’esprit d’énergie, de compassion et de maîtrise de soi.

Énergie ?

Il n’est pas question de se limiter à croire que Dieu pourvoira, qu’il va prendre en main la situation pour la résoudre. La foi n’a pas de rapport avec une quelconque puissance magique. Jésus a résolument écarté cette option lors des tentations en refusant ce que le diable lui offrait. Dieu ne peut accomplir son œuvre que par l’intermédiaire de l’homme. On n’a pas de réponse toute faite. Mais on dispose de ressources, auxquelles il s’agit de rester connectés ou de se reconnecter. Que lisons-nous dans le Sermon sur la montagne ? Vous êtes la lumière du monde ! C’est à dire qu’il y a en vous assez de lumière pour éclairer le monde ! Et le récit de l’Ascension au début du livre des Actes se termine par cette adresse : pourquoi perdez-vous votre temps à regarder au ciel ? Sousentendu, il y a en vous assez de force pour avancer par vous-mêmes…

Compassion !

Je traduis ainsi le mot agapê, parce qu’il implique le souci des autres. Il rappelle que nous sommes reliés les uns aux autres et nous devons prendre soin de ce lien. Pourquoi ? Parce qu’on ne s’en tirera pas tout seul. Bien sûr le climat actuel pousse à l’égoïsme, au chacun pour soi. Nous avons tous en tête nos intérêts personnels et cela se comprend. Mais il faut bien voir que du point de vue de l’Évangile, il n’est de solution valable que si cette solution prend en compte les besoins d’autrui.

On peut avoir des réserves quant à la formulation des diverses confessions de foi. Dans celle de l’Église Réformée de France, j’aime à retrouver ce mouvement, qui en préambule "fait monter son cri vers le Père des Miséricordes", puis affirme manifester sa foi par "la lutte contre les fléaux sociaux". Dans cet esprit, le mouvement du Christianisme Social a bien su lier la gerbe d’Amour et Compassion.

L’Amour ne nous invite à contempler vers le haut que pour mieux regarder en bas. Nous sommes conviés à élargir la géographie de notre cœur, non seulement à la hauteur et à la profondeur, mais aussi à la longueur et à la largeur (cf. Eph. 3,18). Aucune dimension, aucun point cardinal n’échappe ainsi à la parfaite géométrie de l’amour parfait allié à la parfaite compassion.

La foi est une protestation au nom de Dieu contre les captivités qui nous enferment. Dans enfermement, il y a enfer. La foi est une protestation au nom de Dieu contre l’enfer ! Alors au nom de Dieu refusons l’idée même de fatalité, si dominante aujourd’hui, elle et tous ses avatars. Et comportons nous en êtres libres dans l’exercice de leur souveraineté.

C’est cette flamme reçue d’En Haut que Timothée est exhorté à ranimer au moment d’entrer dans son ministère parmi les peuples païens.

De même, ensemble en ce temps de Noël, passons de la peur à la confiance profonde, à la foi vivante, celle-là même qui nous rendra capables d’être des témoins joyeux, capables de faire renaître autour de nous l’espoir des lendemains du monde. Ne l’oublions jamais, la présence et l’action de Dieu dans le monde sont en partie déterminées par la réponse que nous-mêmes avons préalablement donnée à cette présence et à cette action.

« C'est pourquoi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, vous appliquant toujours avec un nouveau zèle à l’œuvre du Seigneur; sachant que votre travail ne vous sera pas inutile auprès du Seigneur » (1 Corinthiens 15/58).

Dans ces dispositions, en tant que témoins du Christ vivant, ensemble, redonnons sens à la célébration de Noël.

Je vous souhaite un « JOYEUX NOËL ! »

Frédéric Verspeeten

 

 

Décembre 2010

 

 

                                                        Novmebre 2010 

 

Le mot du mois

 

 

À propos du défi Michée : « il y a aura toujours des pauvres parmi vous ! »

En lisant la Bible, nous constatons que la pauvreté y occupe une place très importante. C’est un des thèmes centraux, voire une réalité biblique. Les lois d’Israël mettent un accent prioritaire sur le soutien à accorder aux pauvres et aux plus faibles : les malades, les personnes souffrant des circonstances de la vie et des circonstances politiques.

Les prophètes traitent de ces questions, dénoncent le mépris des pauvres et les inégalités sociales. Le soutien aux pauvres est en lien direct avec la foi : « Penses-tu affermir ton règne en essayant de surpasser les autres par les palais de cèdre ? Souviens-toi de ton père : il a mangé et bu comme tout homme, mais il a exercé le droit et la justice et s'en est bien trouvé. Il faisait droit aux pauvres ainsi qu'aux malheureux, et s'en est bien trouvé. C'est par là que quelqu'un montre qu'il me connaît, l'Éternel le déclare. Mais toi, tu n'as d'yeux, de pensées, que pour t'assurer des profits et pour tuer des innocents, pour opprimer et pour traiter les gens avec brutalité. » (Jérémie 22.15-17).

Les livres poétiques nous parlent aussi de la pauvreté ; pensons au livre de Job, mais aussi aux Proverbes et aux Psaumes, dont les auteurs crient constamment à Dieu. Israël a connu la précarité tout au long de son histoire, d’Abraham jusqu’à l’exil en Babylone et au-delà : famines, esclavage, dénuement dans le désert, pillages, guerres... C’était un peuple opprimé sans cesse, tout en vivant la bénédiction du Seigneur.

Dans l’Ancien Testament nous trouvons dix termes différents signifiant la pauvreté, qui comprennent tous les notions de ce qu’est la pauvreté. La pauvreté économique : la famine, la guerre, la pauvreté sociale, l’exclusion, la vulnérabilité parce qu’on ne peut pas résister aux autres ; la pauvreté psychologique : la peur, la solitude ; la pauvreté spirituelle – combien importante ! – : la crainte d’être abandonné par Dieu, la peur de la mort, la perte de tous les repères.

S’il est aussi vrai que la richesse peut aussi être une bénédiction et que la Bible ne méprise pas les biens matériels qui peuvent être considérés comme signe d’amour de Dieu, il n’en demeure pas moins que le jugement face à la richesse est extrêmement dur et que le danger constant de corruption dû à la richesse (Salomon) existe bel et bien.

La pauvreté est une souffrance et le Dieu de la Bible ne veut pas que Sa création souffre. Il n’est pas indifférent, lointain dans son ciel. Non, Dieu s’implique et ne veut pas le dénuement. Il s’engage dans le combat, Il prend position à nos côtés. Le texte fondateur à cet égard est sans doute celui du buisson ardent (Exode 3). Le Seigneur dit : « J'ai vu la détresse de mon peuple en Égypte… Oui, je sais ce qu'il souffre. C’est pourquoi je suis venu… » (v.7s.)

Au travers des textes de l’Écriture Dieu nous invite à nous souvenir que nous sommes tous des pauvres d’une manière ou d’une autre et qu’au sein de cette réalité il a fait preuve envers nous de miséricorde et de compassion. De plus il nous invite à donner l’espérance à ceux qui l’ont perdue ou ne l’on jamais eue. Jésus constatait : « il y aura toujours des pauvres avec vous, au milieu de vous » était-il à ce point pessimiste ? ou voulait-il nous montrer que c’était là l’épreuve à laquelle l’humanité serait toujours confrontée pour révéler notre véritable nature devant Dieu et voir si nous serions nous-mêmes capables de faire preuve de générosité et de compassion ! Il s’agit là de justice et d’équité, à savoir la juste relation entre hommes. Désormais, l’éthique chrétienne découle de notre foi, et notre conscience doit nous mener vers la justice et l’équité.

Frédéric Verspeeten

 

 

Novembre 2010

 

 

 

                                                         Février 2010

 

Le mot du mois

 

 

Pourquoi ?

Seigneur, pourquoi m’as-tu dis d’aimer ?
Seigneur, pourquoi m’as-tu dis d’aimer tous mes frères et toutes mes sœurs ?
J’ai essayé, mais vers toi, je reviens effrayé.
Seigneur, j’étais si tranquille chez moi, je m’étais installé, je m’étais organisé.
Mon intérieur était confortable et je m’y trouvais bien.
Seul, j’étais d’accord avec moi-même, à l’abri du vent, de la pluie, des voyous et je serais resté dans ma tour enfermé.
Mais à ma forteresse, Seigneur, tu as découvert une faille. Tu m’as forcé à entr’ouvrir ma porte.
Comme une rafale de pluie en pleine face, le cri des hommes et des femmes m’a réveillé.
Comme un vent de bourrasque, une amitié m’a ébranlé, comme s’insinue un rayon de soleil, ta grâce m’a inquiété.
Et j’ai laissé ma porte entr’ouverte, imprudent que j’étais. Dehors, les hommes et les femmes guettaient.
Ils sont entrés chez moi, les premiers, Seigneur.
Il y avait tout de même un peu de place en mon cœur, jusque là, c’était raisonnable.
Mais les suivants, Seigneur… Les autres, je ne les avais pas vus, les premiers les cachaient, ils étaient plus nombreux.
Ils étaient plus misérables, ils m’ont envahi sans crier gare. (…)
Et ils ne sont pas seuls, mais chargés de bagages :
bagages d’injustice, bagages de rancœur et de haine, bagages de souffrance et de péché.
 Et ils traînent le monde derrière eux, avec tout son matériel rouillé et tordu, ou trop neuf et mal adapté.
Seigneur, ils me font mal, ils sont encombrants, ils sont envahissants.
Ils ont faim, ils me dévorent. Je ne puis rien faire : plus ils entrent, plus ils poussent la porte et plus la porte s’ouvre.
Ah Seigneur, j’ai tout perdu, je ne suis plus à moi, il n’y a plus de place pour moi, chez moi. (…)
 
Ne crains rien, dit Dieu, tu as tout gagné, car tandis que les hommes et les femmes entraient chez toi,
Moi, ton Père, moi, ton Seigneur, je me suis glissé parmi eux.

Suzanne de Diétrich

Suzanne de Dietrich (1891-1981) est née à Niederbronn (Bas-Rhin) dans une famille d'industriels enracinée dans la tradition de foi du Ban de la Roche, marquée par les pasteurs Frédéric Oberlin et Tommy Fallot. En septembre 1939 elle contribue avec Madeleine Barot (1909-1995) à la création de la CIMADE (Comité inter-mouvements auprès des évacués) rendue nécessaire par les problèmes humains dramatiques liés aux réfugiés et aux évacués.

En 1941, elle fait partie des 16 pasteurs et laïcs -dont 3 femmes- qui rédigent la déclaration dite « Thèses de Pomeyrol », soulignant la résistance de l'Église Réformée de France au nazisme.

 

 

 

Février 2010

 

 

 


Janvier 2010

 

Le mot du mois

 

 

Bonne année 2010 !

Au seuil de cette nouvelle année, le pasteur Frédéric Verspeeten et toute l'équipe du Conseil presbytéral vous adressent un " salut " très chaleureux et leurs vœux les meilleurs. Nous vous souhaitons des heures apaisantes et stimulantes, riches en rencontres et en découvertes. Que ces mois à venir soient, pour vous et vos proches, un temps de paix et de joies partagées !

Nous tenons à vous remercier vivement pour votre fidélité. Sans vous, les Églises réformées de Valenciennes et Saint-Amand & Lecelles n'existeraient pas. Cette fidélité est d'autant plus précieuse que nous savons combien sont nombreuses les sollicitations que nous recevons, et combien il est devenu difficile de s'engager dans la durée.

Grâce à votre soutien, nous contribuons ensemble à rendre possible un christianisme d'ouverture. Vous le savez, notre Église réformée valorise une réflexion et une foi sans œillères ni faux semblants. Convaincus que nous sommes de la relativité de nos doctrines et de nos institutions, nous affirmons que croire n'est pas un acte aveugle. La foi en Dieu n'est pas une dérive dans l'irréel ou une fuite dans un monde enchanté ! La Bible n'est pas un livre sacré, intouchable, à lire d'une seule manière ! Nos croyances et nos Églises ne sont pas les propriétaires de Dieu et les seules dépositaires du sens de la vie !

Il est vrai qu’on a pu reprocher à notre discours religieux et social son manque de réalisme. Les chrétiens seraient de doux rêveurs proposant des solutions impossibles et très idéalistes aux problèmes de notre temps. Les réalités économiques sont là, incontournables, et nos mots ou nos combats les plus beaux seraient creux dès lors qu’ils ne s’y soumettraient pas purement et simplement. Occupez-vous du Ciel, vous les rêveurs, nous disent les réalistes, nous, nous nous occupons de la terre !

Mais il ne s’agit pas de faire rêver quiconque avec une religion opium du peuple promettant aux croyants des paradis merveilleux en échange d’une résignation devant les puissances infernales et les forces tyranniques de notre monde. La révolte fait partie de notre foi. Croire, c’est vouloir avec passion.

Jésus ne s’est soumis ni aux forces de la haine, de l’injustice, du mal, de la mort, ni aux pouvoirs religieux.

Notre révolte dit oui au Dieu de Jésus, celui avec lequel le mot d’espérance n’est ni une attente passive ni une chimère démobilisatrice, mais une lutte, un dynamisme transfigurateur, un courage d’être (P. Tillich).

En ce début d’année, nous dirons et redirons que si nous ne dessinons pas pour l’homme un projet différent, prometteur, défiant les fatalités, alors notre foi est néant.

Qu’allons-nous vivre en 2010 ? 

Que notre espérance ait nom utopie, Royaume de Dieu, combat prophétique, peu importe, elle ne fait pas sien le réalisme des sages et des bien-pensants résignés.

Nous avons, pour notre part, toujours aimé cette maxime un peu folle : « Soyez réalistes, demandez l’impossible ! » Nous le demanderons à Dieu peut-être, mais à nous d’abord ; c’est en effet Lui qui nous appelle à l’aide. Exauçons-le !

 

 

 

Janvier 2010

 

Décembre  2009

 

Le mot du mois

 

 

En marche et joyeux Noël !

Noël approche, nous allons fêter la venue du Christ dans le monde. Or « Christ » signifie « Messie ». Dire que Jésus est le Christ, c’est dire que le Messie est venu, qu’il n’y a plus à l’attendre et que nous sommes déjà dans les temps messianiques, les promesses de Dieu, en Jésus, sont réalisées… Non me direz-vous ! Il est vrai, nous vivons dans une sorte de contradiction : il faut admettre qu’aujourd’hui, les promesses ne sont pas pleinement réalisées, tout n’est pas paix, justice et bonheur dans ce monde, le lion ne broute toujours pas de l’herbe, et le loup ne dort toujours pas avec l’agneau (Ésaïe 65,25).

Jésus n’aurait-il donc pas accompli toutes choses ? Au point que certains chrétiens attendent encore, ils attendent le retour du Christ comme si le Christ n’avait pas encore accompli toutes choses. Ils attendent un retour matériel du Christ et font la même erreur que certains juifs qui ont crucifié Jésus : ils attendent une manifestation concrète et autoritaire de Dieu qui s’accomplirait sans le consentement des hommes. Mais justement, Jésus n’a pas voulu répondre à cette attente. Il a montré que son Royaume n’est pas de ce monde. La paix qu’il donne est intérieure ; la richesse qu’il offre est celle du cœur ; s’il donne une lumière, elle ne se compte pas en kilowatts ; il est bien une source d’eau, mais pour nous abreuver intérieurement ; et il est bien un pain, mais cela n’arrangera pas la famine dans le tiers-monde, il est une nourriture spirituelle qui peut nous nourrir pour la vie éternelle.

Jésus nous l’a dit, le Royaume de Dieu ne s’impose pas et ne s’imposera jamais aux hommes. Il est offert. Il dépend ensuite de nous de l’accepter, de le mettre en nous, de l’accueillir, et ensuite de l’actualiser sur cette Terre. Le Royaume de Dieu, ce n’est pas pour demain, il est là, pour nous, en nous, si nous l’acceptons. Chaque jour nous sommes appelés à écrire l’histoire avec ce que nous y mettons, car Dieu ne prévoit pas à l’avance ce qui déterminera le cours des choses.

Dans une société où l’argent est devenu le maître à penser, et où n’a de valeur aujourd’hui que ce qui permet un profit immédiat, ceux qui se mettent à l’écoute de leur cupidité et de leurs passions, inscrivent le mal dans l'histoire. Le repentir, c’est à dire le retour vers Dieu rend toujours possible une nouvelle participation des hommes à l’œuvre de Dieu, et de collaborer à nouveau avec lui dans le sens positif de l’histoire.

Que nous est-il demandé ? Il nous est demandé d’évangéliser jusqu’aux extrémités de la terre ! Certes ! Voilà le maître mot et l’ordre impérieux du moment, l’obligation à laquelle tout chrétien doit se soumettre. Il faut raconter, témoigner, convaincre, sous peine d’être un chrétien lâche, indigne du Christ, de ce qu’il a fait pour le monde et pour nous… Mais en quoi cela consiste ?

Évangéliser, c’est d’abord, et peut-être surtout, évangéliser notre relation à l’autre, d’abord celui qui est tout proche, en enlevant à cette relation ce qui est contraire à l’Évangile et à son souffle de liberté. Un Dieu qui ne s’impose pas à notre foi, mais qui se laisse croire et retrouver, c’est un Dieu qui nous aime d’abord libres de croire en lui, ou non.

Restons à son écoute pour trouver ou retrouver en cette période de fêtes le sens des valeurs justes. Notre relation à Dieu engage notre vie, elle est aussi importante que la vie que nous menons, que l’air que nous respirons, que le pain que nous mangeons.

Est-ce un programme impossible à réaliser ? Est-ce un sommet inaccessible ? Souvenez-vous de ce texte ancien que je vous invite à relire (Deutéronome 30, 1-20) :

« Ce commandement que je te prescris aujourd'hui n'est certainement point au-dessus de tes forces et hors de ta portée.

  Il n'est pas dans le ciel, pour que tu dises : Qui montera pour nous au ciel et nous l'ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ?

  Il n'est pas de l'autre côté de la mer, pour que tu dises: Qui passera pour nous de l'autre côté de la mer et nous l'ira chercher, qui nous le fera entendre, afin que nous le mettions en pratique ?

  C'est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, afin que tu la mettes en pratique.

  Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Choisis la vie, afin que tu vives ! »

Jésus le Christ, le Messie est venu à Noël, il n’y a plus à l’attendre : Emmanuel ! Dieu avec nous !…

Puisqu’il en est ainsi, la joie de Noël doit nous accompagner tout au long de notre chemin. Elle est et sera toujours notre force pour aller de l’avant et mettre en œuvre le Royaume de Dieu.

En marche et joyeux Noël !

 

 

 

Décembre 2009

 

 

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Novembre 2009

                                                        

 

Le mot du mois

 

 

La fidélité de Dieu !

Psaume 31, 20 à 25;  Psaume  89,  2,  3,  15,  25, 25, 29, 34, 50;  Psaume 107, 1, 8, 15, 21, 31, 43; Psaume 136  

Deutéronome 7, 6 à 11,  34, 6 et 7

Luc 16, 9 à 13

Cet ensemble de textes que je vous propose parlent de la fidélité de Dieu.  

Le Psaume 31, évoque la démarche d’un homme qui sait que Dieu demeure dans bien des circonstances de la vie le seul refuge. Au verset 3 il considère que Dieu est comme un rocher protecteur. Mais le psalmiste, au travers de ses combats et des pièges qui le menacent, face à ceux qui le jugent, confesse que ses destinées sont dans la main de Dieu… Un Dieu qui est et demeure fidèle à son alliance et à ses promesses.  

Le livre du Deutéronome, dans le chapitre 7 (versets 6 à 11) évoque, entre autres, le choix de Dieu. Il s’est choisi Israël parmi de nombreux peuples et il l’a conduit pour qu’il accède à la liberté dans tous les sens du terme. L’auteur affirme que Dieu est fidèle, qu’il reste et qu’il est toujours miséricordieux et bon (c'est son essence même Deut. 34, 6 et 7) … mais il ajoute, envers ceux qui l’aiment.

"Célébrez le Seigneur, car il est bon, car sa fidiélité dure à toujours". C'est l'appel de l'auteur du Psaume 89 qui reconnaît dans toute la vie du peuple d'Israël la fidélité de Dieu. Tout comme le Psaume 107 (versets 1, 8 15, 21, 31 et 43). C'est aussi le refrain du Psaume 136, répété 26 fois !!!

Enfin Jésus, dans l’évangile selon Luc, affirme que celui qui est fidèle dans les petites choses le sera aussi dans les grandes…

La fidélité de Dieu, voilà un thème que nous conjuguons à toutes les sauces. Dans la Bible déjà nous pouvons trouver beaucoup de choses à dire. Dieu se présente comme un Dieu fidèle, ce qui sous-entend qu’il l’est par nature et que cela est chez lui immuable, perpétuel. Ainsi Dieu dans sa fidélité porte sans cesse un regard favorable sur l’humain.

Mais envers qui Dieu est-il fidèle ? C’est toute la question !

-              Fidèle envers tous les hommes ?

-              Fidèle envers ceux qu’Il a choisis ?

-              Fidèle envers un petit nombre ?

-              Fidèle envers son peuple, et surtout envers ceux qui gardent son alliance ?

La Bible en témoigne : Dieu est fidèle en tout cela… !

Mais les hommes ne le comprennent pas toujours très bien. Il est difficile d’admettre que Dieu soit bon et fidèle envers ceux dont la vie est tournée vers le mal sous toutes ses formes. Le livre des Actes souligne que Dieu fait lever son soleil sur les justes et sur les impies. Et Dieu demeure prêt à rejoindre la vie de tout homme qui désire enfin changer de voie.

Fidèle, il l’est encore envers ceux qu’il a choisi… son peuple, Israël, son Église, la multitude des croyants en tous lieux et de tous temps... Voilà bien ce que les religions ont eu beaucoup de mal à comprendre.

Pour faire bref, le christianisme revêt de nombreux visages. Dès les origines l’Église néotestamentaire fait apparaître une diversité. D’un côté il y a les judéo-chrétiens, juifs d’origine, mais il y a aussi les chrétiens issus du monde grec qui désirent croire en Jésus et respecter la Loi. Et puis il y a les anciens « craignant-Dieu » et les anciens prosélytes déjà proches du judaïsme. Ceci donne naissance à des communautés différentes. En Actes 15 Pierre, Paul et Jacques se mettent d’accord : un seul Dieu, des expressions différentes mais une foi commune dans des formes différentes.

Pourtant quand l’Église sera associée au pouvoir, elle voudra fonder un collège unique et l’imposer à tous, au travers de ses tensions doctrinales et par un contrôle de la vie de chacun. Alors surviendront les plus grandes plaies du christianisme dont la séparation au nom de la fidélité.

Condamnations, accusations d’hérésies, procès, traque, mise à mort... Notre histoire protestante en est meurtrie. Ici à Valenciennes Pierre Brully et Guy de Brès en témoigneront douloureusement par leur vie, leur message, leur martyre provoqué par une institution ecclésiale aveuglée.

Dieu est fidèle envers celui qui le cherche et cette fidélité ne s’exprime pas dans une Institution, mais dans une Relation. Je crois qu’il n’y a qu’une seule fidélité de Dieu et qu’elle se conjugue et s’habille de plusieurs manières. Dieu est fidèle de la même manière envers tous.

L’amour de Dieu s’adresse à tous et rejoint chaque homme dans le secret de son cœur. Il faut, et c’est un devoir, que cessent partout les accusations que l’on entend entre fidèles et infidèles. Celui qui considère l’autre comme infidèle et croit avoir le droit de lui retirer ses droits, de le juger, de le condamner, de le faire même mourir au nom de sa manipulation de la Règle d’or, qui ne souffre pourtant aucune exception, n’est pas l’ami de Dieu comme l’était Abraham, mais l’ami du destructeur.

Dieu ne délègue sa justice à personne. Sa fidélité est sans borne envers ceux qui le cherchent. Voilà la Bonne Nouvelle de l’Évangile qui nous atteint aujourd’hui encore : la grâce est pour tous, et il n’y a pas de régime spécial, pas de régime de faveur ! Ainsi, Dieu dans sa fidélité appelle chacun à être fidèle dans sa propre vie et à n’avoir aucun projet, aucun fantasme sur la vie d’autrui, si ce n’est qu’il trouve lui-même sa voie.

Sébastien Castellion écrivait : « Tuer un homme, c’est toujours tuer un homme, et ce n’est pas tuer une doctrine ».

Notre Dieu est fidèle, bon, secourable et proche de tous ceux qui le cherchent. Il ne fait de mal à personne. Il invite le pêcheur à changer de voie et de vie. Il ne met pas dehors celui qui se tourne vers Lui, mais il le rejoint et l’accompagne.

Voilà 130 ans que cette chapelle fut inaugurée… Elle était l’aboutissement d’une fidélité à la Parole… Les temps changent, nous n’exprimons plus nos louanges de la même manière et nos cultes ne sont pas tout à fait comme ceux de nos pères. Mais Dieu n’a pas changé et en ce jour il nous rappelle qu’il est fidèle dans sa grâce, sa bonté, son amour indéfectible.

Mais qu’en est-il de notre fidélité ? Qu’en est-il de notre foi, de notre engagement au service de l’Église et de nos frères ? Qu’en est-il de notre présence dans le Monde ? Comment témoignons-nous de cette fidélité de Dieu, de sa vie, de sa présence ?

Le contexte est différent de celui des années 1870. Nous sommes dans un monde en quête de repères, dans un monde religieux aux étiquettes multiples, et aux réponses parfois pertinentes et parfois mensongères. Témoignons-nous humblement, avec foi et confiance et dans le respect des autres de l’amour de Dieu ?

Chacun de nous doit répondre à cette question pour lui-même d’abord et avec ses frères. Sans crispation sur le passé, sans regret, mais en acceptant que Dieu, encore aujourd’hui, ici et là, par son Esprit, demeure le maître de toutes choses.

Les idées dans notre monde sont relatives. Elles sont novatrices, puis elles meurent ! Rien n’est idéal. Aucune idée n’est parfaite, mais si nous mettons en œuvre ces idées imparfaites comme preuve de notre fidélité envers Celui qui est fidèle, alors il nous rejoindra et sa vie se communiquera à nos projets. Jésus dit à ses disciples avant de les quitter, en Matthieu 28, « moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du Monde » !

Amen.

 

Pasteur Frédéric Verspeeten

Prédication donnée le dimanche 4 octobre 2009
à Valenciennes
à l’occasion du 130ème anniversaire de l’édification
du Temple réformé

 

 

Novembre 2009

 

 


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                                                         octobre 2009

 

Le mot du mois

 

 

Lecture Qohéleth 3/ 1-22

Ce chapitre est l’un des plus connus du livre de l’Ecclésiaste : « Il ya un temps pour tout…. ». Il en est ainsi dans la vie, et l’Ecclésiaste nous invite à jouir des temps heureux, à faire ce que l’on doit faire en tout temps en sachant qu’heureux ou malheureux, le temps passe et s’écoule, comme une poignée de sable dans notre main. Le sable coule entre nos doigts et que reste-t-il ? Rien ! A l’image du sable qui coule, de même le travail de l’un ou l’autre dans l’Église s’efface !

Malgré cela, une promesse nous est donnée ici au verset 11 : Dieu fait toutes choses belles en son temps !

Notre devoir : se préparer à ce temps promis en travaillant avec persévérance, avec confiance, attendre sans paresse, ce temps où Dieu fera toutes choses belles.

Ce qui compte le plus pour moi dans ce chapitre, ce sont ces deux affirmations du verset 11 : « Il fait toutes choses bonnes en son temps ; même il a mis dans nos cœurs la pensée de l’éternité », malgré la mort.

La philosophie de John Cobb, figure marquante de la théologie du « Process », est proche de celle du livre de l’Ecclésiaste auquel il attache beaucoup d’importance, à ce texte en particulier : Dieu peut amplifier les bonnes choses, souhaitez-les, désirez-les, persévérez dans votre marche, appliquez-vous dans tout ce que vous faites et Dieu fera réussir votre entreprise, de bonnes choses se produiront.

Pour les théologiens du « Process » la réalité est dynamique, changeante, en « process » (en cours, en marche, en évolution) ; la création n’est donc pas définitive et achevée mais évolutive et ouverte sur l’avenir ; de même, la personne humaine, comme tout ce qui compose le réel, n’est pas définie une fois pour toute et reste en constant devenir. Ce vaste réseau de dépendance et de transformation qui structure le réel appelle une manière spécifique de penser Dieu et les éléments de la foi chrétienne : Dieu est pensé comme une force de nouveauté et de créativité qui transforme le monde, ne cesse de l’ouvrir sur de nouvelles possibilités qui visent à le rendre plus harmonieux, moins déchiré et torturé. « Dieu, écrit Cobb, est un amoureux du monde qui attire celui-ci toujours plus loin, au-delà de ce à quoi il est parvenu, en affirmant la vie, la nouveauté, la conscience et la liberté, encore et toujours. » Dieu est ce qui permet au possible de l’emporter sur l’impossible, et Il se laisse lui-même transformer par ce qui se produit dans le monde.

En ce début d’année, je vous exhorte donc à la persévérance avec le courage de la confiance.

L’abandon entre les mains de Dieu ne dispense ni d’efforts, ni d’engagements. Le jésuite hongrois Gábor Hevenesi (XVIIe siècle) l’a bien exprimé avec cette maxime : « Fiez-vous à Dieu, en agissant comme si le succès de chaque chose dépendait entièrement de vous et nullement de Dieu, et cependant, en employant tous vos soins à la faire réussir, ne comptez pas plus sur eux que si Dieu seul devait tout faire en vous. »

Nombreux sont ceux qui témoignent, par leurs écrits ou leur vie, qu’il n’y a pas d’abandon sans combat, pour lequel et dans lequel on se laisse désarmer. Ou à l’inverse, pas de combat sans abandon. Les Lettres et notes de captivité du pasteur Dietrich Bonhoeffer, exécuté par les nazis en 1945, montrent qu’il apprit à s’abandonner entre les mains du Père, sans jamais céder au fatalisme, sans renoncer ni à prier pour sa libération ni à se préoccuper de l’avenir de la foi et de l’Église.

Suis-je un idéaliste, un rêveur, un utopiste et même un naïf ? Dans les faits, il n’en est rien. Si je dois donner une définition simple de ce qu’est un idéaliste, je dirais que c’est le contraire d’un homme résigné. Il ne se résigne pas à ce que le monde soit comme il est et qu’il ne puisse être autrement. L’idéaliste est un homme d’espérance. L’espérance, c’est croire que la transformation du monde est possible. L’espérance et l’idéalisme, c’est le contraire de l’accoutumance à la médiocrité et à l’injustice. Les idéalistes sont des hommes de foi.

Alors, au moment de la reprise de nos activités je vous le dis : « Bonne année ! »

Pasteur Frédéric Verspeeten

 

 

Octobre 2009

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

                                                         Juin 2009

 

Le mot du mois

 

 

Le thème de la vigne est au cœur de l'Écriture. L’image est souvent appliquée dans l’Ancienne Alliance au peuple d’Israël : Israël est la vigne aimée de Dieu. Mais au lieu du fruit attendu, espéré par Dieu, disent les prophètes Ésaïe et Ézéchiel, la vigne a donné de mauvais fruits : « Il espérait qu’elle produirait des raisins, mais elle a produit des fruits infects ! », dit Ésaïe 5,2.

Dans l’Évangile de Jean, Jésus reprend cette image de la vigne de Dieu en se présentant lui-même comme le vrai cep, la vraie vigne de Dieu : « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit. » (Jean 15, 1-8)

C’est toute la force de notre appartenance au Christ qui est évoquée dans cette parabole du cep et des sarments. C’est une incroyable révélation de la part de Jésus. Pourquoi ?

Tout d’abord, parce qu’il y a ici l’intervention directe et constante de Dieu. « Mon Père est le vigneron », dit Jésus. Dieu s’occupe sans cesse de ce cep et de ces sarments que nous sommes : « Tout sarment qui porte du fruit, Dieu l’émonde pour qu’il porte encore plus de fruit », dit Jésus. Il nous est difficile d’expliquer ce mystère, cette situation, mais la vie ne s’explique pas : elle se vit !

En affirmant que son Père est le vigneron, Jésus affirme que Dieu est à l’œuvre, non seulement en son Fils, mais encore, par son intermédiaire, en chacun de nous.

Ensuite aussi parce que nous formons avec Jésus la totalité de la plante. Nous faisons partie de la plante. Nous sommes sur le cep ou plus exactement dans le cep. Jésus affirme : « Je suis le vrai cep », l’humanité vraie, la totalité de la vie, la réalité de la vie, et vous, vous êtes les sarments. Il n’est pas question ici d’une initiative de l’homme, ce n’est pas nous qui pouvons nous greffer sur le cep mais c’est Dieu qui nous place là.

Ainsi, nous sommes tous appelés à vivre la joie de cette appartenance au Christ, la joie d’être les sarments qui sont sur le cep, la joie d’être en communion vraie et totale avec le Christ. Joie du cep qui sait que ces sarments vont produire du fruit en abondance. Mais joie aussi du sarment qui ne comprend pas comment il se trouve là, comment la sève vivifiante du Christ passe infailliblement dans les sarments et comment cette sève qui vient du cep en lui se transforme en cette abondance de fruits.

Cette relation est fondatrice de l'être chrétien. Elle ne saurait être occasionnelle ou secondaire. Jean exprime cette nécessité fondatrice par le verbe « demeurer » qu'il n'emploie pas moins de sept fois ici. Demeurer en Lui comme Lui demeure en nous. Ainsi, tous ceux qui suivent ses paroles, tous ceux qui demeurent en lui, tous les sarments qui demeurent sur le cep, forment avec Jésus la vraie vigne de Dieu qui porte beaucoup de fruits.

Oui ! Dieu aime l’homme au point de devenir nous, au point de s’incarner en nous. Etre un homme est devenu un motif de joie et de gloire. Dieu a redonné sa valeur à sa création. Il a racheté l’homme. Il l’a recréé en permettant à son Fils de s’incarner comme homme. « Si quelqu’un est en Christ, dit Paul, il est une nouvelle création. »

Que faut-il donc que nous fassions, nous ? Jésus nous répond : « Demeurez en moi. Demeurez dans mon amour. » L’amour dont je vous aime passera dans votre vie. Je serai en vous. Vous vous aimerez les uns les autres. Vous deviendrez dans le monde la communauté de l’amour. Vous deviendrez le levain qui fait lever toute la pâte. Ce fruit apportera au monde affamé la nourriture dont il a besoin. Il apportera au monde la vie et l’amour.

Quand je vous dis qu’il s’agit vraiment d’une histoire d’amour !...

Frédéric Verspeeten

 

 

Juin 2009

 

 

 

 

                                                      
 



 

                                                             Mai 2009

 

Le mot du mois

 

 

Le Royaume et l’homme nouveau

Nous savons depuis longtemps, hélas, que les sociétés génèrent à leurs marges diverses formes d’exclusion de toutes sortes. Très tôt dans l’histoire, le peuple hébreu réalise que les plus faibles, veuves et orphelins, symbolisent ces exclus qu’il faut protéger. Les émigrés, population particulièrement exposée hier comme aujourd’hui sont aussi l’objet de sa sollicitude : Tu te souviendras que tu as été étranger au pays d'Égypte… Pour leur époque, les Hébreux sont très en avance avec la Loi !

La prédication des prophètes reprend la Loi en insistant sur la justice de Dieu qui devient peu à peu la justice entre les hommes eux-mêmes.

Jésus lui-même radicalise le discours en affirmant la grâce, la gratuité du Salut, la levée des malédictions. Qu’il soit estropié, malade, ou païen, qu’il soit collecteur d’impôts ou lépreux, Jésus le guérit, le relève, le réintroduit dans la société et signifie que tous sont enfants de Dieu. Pas d’exclus ici mais une éthique fondée sur le pardon, l’accueil, l’amour. Dès lors qu’on s’affirme chrétien, comment laisser dans l’indifférence les exclus de tous bords de nos sociétés ?

Fondé sur la Loi, la justice et la grâce, le Royaume définit un homme nouveau. L’action diaconale, le christianisme social, deviennent signes du Royaume, prédication de l’Évangile. Agir pour les autres, c’est entrer dans une démarche d’espérance car chacun est appelé à la vie. C’est vivre l’amour de Dieu qui nous est signifié dans l’Écriture. C’est aussi partager la joie du Royaume et la patience car nous savons que le chemin est parfois bien long avant de voir un malheureux se relever. Agir, c’est également vivre la responsabilité que nous avons vis-à-vis des autres. Cette responsabilité et l’agir diaconal sont un signe de la confiance que Dieu lui-même place en nous.

Ne soyons donc pas étonnés de constater que l’action envers les plus pauvres ait accompagné de tous temps l’annonce de l’Évangile. Que ce soient les Pères de l’Église ou les Pères de la Réforme, tous ont insisté sur les œuvres, sur l’attention à porter envers ceux que les circonstances ont défavorisés ou détruits. Hier comme aujourd’hui, c’est l’action et la générosité qui marquent les esprits, interpellent les gens. Nous ne le savons que trop, la prédication sans action reste un discours vide, un contre-témoignage. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » n’a jamais attiré personne. À l’inverse, il est clair que l’action diaconale sans annonce de l’Évangile, sans parole vivante et forte, ne devient que fragilité et rapidement découragement puis abandon face à l’ampleur de la tâche. Ce n’est pas par idéal philosophique ou politique que nous agissons, mais c’est en répondant à l’appel puissant du Sauveur que nous allons vers ceux qui se sentent perdus, rejetés, enfermés. C’est bien là, à la suite des prophètes, du Jésus de l’Histoire, de la « nuée des témoins » que s’expriment la force du christianisme et le sens de notre démarche.

Notre synode régional qui aura lieu les 20, 21 et 22 novembre 2009 traitera du thème de la diaconie : Solidaires au nom de Jésus-Christ. Quand l’Eglise reconnaît sa vocation diaconale.

Ce dossier de 50 pages, a été préparé par une équipe luthéro-réformée : Caroline Baubérot, Olivier Brès, Isabelle Grellier, Fritz Lienhard, Bernard Saettler. Il a été envoyé aux membres de nos deux conseils presbytéraux, mais n’est pas réservé à eux seuls. Nous sommes tous concernés !

Ce document est disponible sur simple demande auprès de votre pasteur !

Frédéric Verspeeten

 

 

Mai 2009

 

 

 

 




 

                                                             Avril 2009

 

Le mot du mois

 

 

Le Vide…

Qu'évoquent les récits de Résurrection ?

Pierre et Jean, sur les dires des femmes, de ces femmes comme telles, mais aussi comme médiatrices de toutes les communautés porteuses de ce message, se rendent en hâte au Tombeau, pour vérifier…

Mais ils n'y peuvent précisément… rien voir. Dans le tombeau disparaît la chose à voir.

Risque alors de naître la relation à la personne….

Entre les deux mouvements, celui de voir et celui de croire, gît l'inévitable enjambement, qu'on nomme la Foi.

Le mystère par excellence - que ne peut éviter personne puisqu'il s'agit de la mort - débouche inexorablement sur ce…vide.

Par rapport à cette chose à contempler, la Foi est Libération.

Elle perce le mystère, pénètre jusqu'à la personne mais ne repose jamais que sur la seule relation avec elle.

L'Ange ne dit rien d'autre que : "Celui que vous cherchez n'est pas ici” (Marc 16,6)

La Foi est libération par rapport à la réduction à la chose à contempler, pour passer à la relation à la personne sur qui, seule, elle repose, et de qui elle dépend.

C'est bien ce qu'éclaire le message de l'Ange : "Celui que vous cherchez n'est pas ici "…

Celui que l'on cherche à atteindre à travers cette mort n'y est pas lui-même domicilié.

La quête débouche sur un gouffre : le vide.

C'est en passant au-delà - de l'autre côté de la rive- en enjambant l'abîme qui nous sépare, qu'alors éclate la Foi… sans pouvoir trouver aucune espèce de justification dans le fait, dans l'objet, dans la chose.

Ce n'est qu'à cette condition et à ce prix que l'amour est possible.

Ne peuvent jamais cohabiter amour et preuve. L'amour, par nature, exclut toute vérification. Le besoin de preuve détruit la relation, en tentant de s'y substituer.

D’après Charl Georges Lethé, Le tombeau vide.

 

 

Avril 2009

 

 

 

 

                                                             Mars 2009

 

Le mot du mois

 

 

Jésus se retira pour prier ...

Nous sommes déjà loin de Noël et bientôt viendra le temps de Carême, nos vies s'agitent tant de choses nous préoccupent, il y a tant et tant de sollicitations autour de nous. Nous avons parfois l'impression de nous perdre nous mêmes.

Jésus très souvent avant les grands moments de sa vie s'est retiré pour prier. Vieille méthode qui parait usée et dépassée diront certains. Mais je crois au contraire que c'est le chemin vers une vie différente et transformée

La prière paraît être essentiellement une tension de l'esprit vers ce qui dépasse notre monde.

En général, elle consiste en une plainte, un cri d'angoisse, une demande de secours. Parfois elle devient une contemplation sereine du principe immanent et transcendant de toutes choses. On peut la définir également comme une élévation de l'âme vers Dieu. Comme un acte d'amour et d'adoration envers celui d'où vient la merveille qu'est la vie.

En fait, la prière représente l'effort de l'homme pour communier avec un être invisible, créateur de tout ce qui existe, suprême sagesse, force et beauté, Père et Sauveur de chacun de nous.

Loin de consister en une simple récitation de formules, la vraie prière représente un état mystique où la conscience s'absorbe en Dieu. Cet état n'est pas de nature intellectuelle. Aussi reste-t-il inaccessible autant qu'incompréhensible aux philosophes et aux savants. De même que le sens du beau et l'amour, il ne demande aucune connaissance livresque.

Les simples sentent Dieu aussi naturellement que la chaleur du soleil ou le parfum d'une fleur. Mais ce Dieu si abordable à celui qui sait aimer se cache à celui qui ne sait que comprendre. La pensée et la parole font défaut quand il s'agit de le décrire. C'est pourquoi la prière trouve sa plus haute expression dans un essor de l'amour à travers la nuit obscure de l'intelligence.

Frédéric Verspeeten

 

 

Mars 2009

 

 


                                                         Février 2009

 

Le mot du mois

 

 

Au sujet de la guerre Israël - Gaza, une déclaration émanant des communautés juive, musulmane, chrétiennes, bouddhiste, a été lue le jeudi 15 janvier à 17h Palais Rihour, à Lille, en présence de la presse. J’ai été l'un des artisans de ce texte en tant que président local de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix. Je le propose à votre réflexion comme billet du mois.

Frédéric Verspeeten

[Proche Orient : les confessions religieuses de notre région parlent d’une même voix

Nous, représentants des confessions religieuses de notre région : catholique, orthodoxe, protestante, juive et musulmane, nous sommes rassemblées ce jeudi 15 Janvier au Palais Rihour à Lille,  pour nous unir dans un même temps de prière pour la paix entre les peuples du Proche Orient.

Nous exprimons notre vive émotion et nous condamnons la violence qui touche depuis trop longtemps les populations civiles israéliennes et palestiniennes et qui entrave  l’instauration d’une paix juste et durable entre les peuples. Nous appelons à l’arrêt immédiat des combats pour aboutir à une paix définitive au Proche Orient.

Nous condamnons tous les actes racistes et antisémites qui ne font qu’exacerber les tensions dans notre pays. Nous tenons à rappeler les relations d’amitiés déjà anciennes que nous avons nouées et nous insistons sur le dialogue régulier que nous avons instauré dans le strict respect des croyances et des positions  de l’autre.

Nous en appelons solennellement, dans cette douloureuse période, à l’esprit d’écoute, de dialogue et de respect mutuel, pour que le « vivre ensemble » soit plus que jamais le credo des français de toutes confessions et de toutes opinions dans notre pays.

Soucieux de construire un avenir ou chacun pourra vivre et s’épanouir librement dans l’écoute et le respect des autres, nous appelons à développer dès aujourd’hui de multiples manières toutes les initiatives d’éducation à la Paix et à la connaissance mutuelle, afin de rompre la logique des armes  et de la violence qui entraîne toujours plus de violence. Dans ce sens nous voulons souligner le travail de nombreux groupes partout dans le monde et dans notre pays qui sont déjà engagés dans cette démarche et nous en faire nous aussi les artisans.]

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Voici une prière de Shafique Keshavjee, que je vous propose de faire nôtre :

 

Toi l’Infini, au-delà de tout,
Comme un Père, tu suscites la lumière,
Comme une Mère, tu berces l’univers.
Toi l’Infini, au-dedans de tout,
Par ton Feu, tu détruis notre arrogance,
Par ta Source, tu abreuves notre espérance.

Libération des humiliés,
Tu es la consolation des mal-aimés.

Que les peuples deviennent plus juifs !
Par la louange de Toi,
par la reconnaissance d’autrui.

Que les peuples deviennent plus chrétiens !
Par une onction d’amour,
par une offrande de vie.

Que les peuples deviennent plus musulmans !
Par la soumission à Toi,
par la soumission au droit.

Que les peuples deviennent plus baha’is !
Par un amour de l’union,
de l’union différenciée.

Que les peuples deviennent plus hindous!
Par le respect de toute vie,
par l’ouverture à d’autres voies.

Que les peuples deviennent plus bouddhistes !
Par un éveil des consciences,
par une libération des souffrances.

Que les peuples deviennent plus taoïstes!
Par l’accueil de l’harmonie, par le refus de l’agitation.

Que les peuples, surtout, deviennent plus humains !
Par la réduction de leurs hostilités,
par l’essor de leur hospitalité.

 

 

 

Février 2009

 

 

 

 

                                                            Janvier 2009
 

 

Le mot du mois

 

 

Evangile de Jean 15 versets 1 à 8

1 « Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron.

2 Il enlève tout rameau qui, uni à moi, ne porte pas de fruit, mais il taille, il purifie, chaque rameau qui porte des fruits pour qu'il en porte encore plus.

3 L'enseignement que je vous ai donné vous a déjà rendus purs.

4 Demeurez unis à moi, comme je suis uni à vous. Un rameau ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans être uni à la vigne ; de même, vous ne pouvez pas porter de fruit si vous ne demeurez pas unis à moi.

5 Je suis le cep, vous êtes les rameaux. Celui qui demeure uni à moi, et à qui je suis uni, porte beaucoup de fruits, car vous ne pouvez rien faire sans moi.

6 Celui qui ne demeure pas uni à moi est jeté dehors, comme un rameau, et il sèche ; les rameaux secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent.

7 Si vous demeurez unis à moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voulez et vous le recevrez.

8 Voici comment la gloire de mon Père se manifeste : quand vous portez beaucoup de fruits et que vous vous montrez ainsi mes disciples.

* * * * * * *

Je suis le vrai cep et mon Père est le vigneron. Sans moi, vous ne pouvez rien faire !

Dans ce très beau texte, Jean nous rappelle que nous sommes le peuple de Dieu. Il nous nourrit de sa présence, de son Esprit, de sa vie. Il travaille dans sa vigne, il en récolte les fruits.

Il est difficile pour les humains d’accepter que tout ce que nous avons-nous est donné par Dieu, pourtant, dans ce passage, l’évangile une fois de plus, nous y invite. Mais voilà, notre orgueil résiste ! Est-il bien vrai que sans lui je ne peux rien faire ? Non, en réalité nous pouvons faire beaucoup de choses ! Ce que Dieu nous demande d’accepter, c’est d’entrer dans sa vision des choses. Loin d’être un despote, un maître impitoyable et dur, il est proche de nous et nous exhorte à considérer que nous avons tous notre place dans son œuvre.

Certes nous pouvons nous tromper parfois. Alors, il interviendra et coupera ce qui n’est pas bon. La vie nouvelle qu’il nous offre et qui est déjà à l’œuvre dans nos vies n’est pas une vie sauvage. Jésus nous appelle à rester enracinés dans l’enseignement qu’il nous a donné pour que sa Parole transforme totalement notre être. Dieu veut en permanence purifier nos actes, nos pensées, nos relations, notre perception des autres, c’est un travail incessant. Remarquez qu’avec avec nous, avec la nature humaine, il a fort à faire mais il ne se décourage pas. Il persévère, il agit et c’est peut-être là ce qui nous différencie. Quand les choses vont mal, les croyants souvent se découragent. Quand nos projets n’aboutissent pas, nous en rendons même Dieu responsable ! Oui, mais lui ne cesse de couper, de corriger, d’émonder malgré nos cris et nos jérémiades, pour que la vie nouvelle qu’il nous donne atteigne pleinement son but et prenne toute sa place dans nos vies.

Sur ce chemin il n’y a pas de surdoués de la foi, nous sommes tous des êtres perfectibles, pêcheurs oui mais aimés de Dieu, sauvés en espérance et conduits par sa main bienveillante. Sans Lui, nous ne pouvons rien faire ? Qu’à cela ne tienne : offrons-lui à nouveau notre vie et demandons-lui de nous aider à vivre cette nouvelle année 2009 plus fermement encore attachés au cep !

Frédéric Verspeeten

 

 

Janvier 2009

 

 

 

 

 

 

                                                            Décembre 2008

 

Le mot du mois

 

 

Evangile de Marc 16 versets 15 à 20

15 Puis il leur dit : Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création.

16 Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.

17 Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ;

18 ils saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris.

19 Le Seigneur, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel, et il s'assit à la droite de Dieu.

20 Et ils s'en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux, et confirmait la parole par les miracles qui l'accompagnaient.

 

* * * * * * *

Le texte ci-dessus est la finale de l’Évangile de Marc, finale qui n’est pas présente dans tous les documents anciens. L’Évangile se termine alors brutalement au verset 8, avec l’étonnement des femmes qui ont constaté la résurrection du Christ et à qui il est apparu. Elles sont bouleversées, étonnées : Elles sortirent du sépulcre et s'enfuirent. La peur et le trouble les avaient saisies; et elles ne dirent rien à personne, à cause de leur effroi. Cet ajout, bien que court, qui conclut notre Évangile (versets 9 -20), n’est pas sans intérêt. L’accent est mis sur la mission qu’il convient d’accomplir au nom du Christ ressuscité.

Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création (15). Nous sommes tous concernés par cette mission : ce que Jésus dit ici à ses disciples, c’est aussi à nous qu’il le dit. Et le texte ne parle pas seulement de mission d’annonce de l’Évangile par les disciples, mais aussi de l’œuvre du Seigneur lui-même, qui veille à accomplir sa Parole et ses Promesses. N’ayez pas peur, ne dites pas n’importe quoi, ne le dites pas n’importe comment, mais annoncez que celui qui croira sera sauvé.

Des signes accompagneront cette mission, les mauvais esprits seront chassés ! J’y vois, au-delà des pratiques d’exorcisme, tous les combats que nous avons à mener pour déloger et faire reculer tout ce qui avilit l’homme. Tout ce qui est fait, construit par les humains pour asservir leurs frères doit être brisé

Ils parleront des langues nouvelles, nous dit encore ce bref passage de l’Évangile. On pense tout de suite à la Pentecôte, mais aujourd’hui, n’avons-nous pas aussi à faire d’énormes efforts de compréhension envers tous les peuples du monde entier, portés par leur propre culture qui nous invite à réinventer de nouvelles manières de vivre l’Évangile. Il ne s’agit plus seulement pour nous vieille Europe d’exporter l’Évangile, mais de le recevoir aussi des autres ; de se mettre au service les uns des autres pour une compréhension renouvelée de l’Évangile…

Les malades, seront guéris dit  enfin le texte. Les chrétiens disciples du Christ sont les messagers d’un Dieu vivant qui ne se contente pas de promesses mais qui vient guérir nos corps et nos cœurs, transformer notre manière de voir la vie et qui, dans la maladie nous promet d’être avec nous et de nous guérir !

Bien sûr, toutes les maladies physiques ne sont pas vaincues, mais s’il guérit nos cœurs et fait route avec nous, nous pouvons trouver la Paix au sein même de nos épreuves.

Mais au fait, n’est-ce pas là toute la Bonne Nouvelle de Noël ? Emmanuel, Dieu avec nous, gloire, lui soit rendue dans les hauteurs ! Et, sur terre, paix chez les hommes de bon vouloir !

 

Frédéric Verspeeten

 

 

Décembre 2008

 

 

 

 Novembre 2008

 

Le mot du mois

 

 

Evangile de Jean15/18-21

Si le monde vous déteste, sachez qu'il m'a détesté avant vous.

Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui est propre. Si le monde vous déteste, c'est parce que vous n'êtes pas du monde, et que, moi, je vous ai choisis du milieu du monde.

Souvenez-vous de la parole que moi, je vous ai dite : L'esclave n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.

Mais tout cela, ils vous le feront à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé.

* * * * * * *

Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous !

Jésus s’adresse à la communauté johannique. Elle est ballotée et rejetée par tous, mal comprise. Ce qu’elle dit du Christ n’est pas reçu, pas accepté.

Soyons clairs. Lorsque nous annonçons l’Evangile nous ne désirons pas être mal reçus. Nous aimerions que l’on nous écoute. Mais il n’en va pas toujours ainsi.

Jésus nous alerte. Vous êtes devenus enfants de Dieu, disciples, mes disciples. Alors sachez le bien, vous ne pourrez plus vivre n’importe comment. Mais, tant de fois dans la vie nous avons l’impression que nos choix sont incompris des autres. Pourtant, les églises ne pourront jamais se taire. Elles seront toujours là pour être la voix des plus faibles. Tant qu’il y aura des pauvres, des trop riches, tant qu’il y aura des malades abandonnés, des peuples gagnés par la famine et qui meurent dans la détresse, les églises devront crier ! Et le combat ne sera pas facile à mener !

Tant qu’il y aura des hommes et des femmes privés d’espérance, nous devrons annoncer l’Evangile libérateur. Et nous ne serons pas forcément bien reçus. Croire en Jésus-Christ, être témoin du Dieu vivant n’est pas une vie douillette, n’est pas sans risque. La vie de Jésus le prouve.

Non Jésus n’a pas besoin de croyants de salon, mais d’hommes et de femmes engagés pour que sa lumière brille parmi nos frères. Notre responsabilité est immense. Dans le domaine éthique, moral, sur toutes les questions de société au nom de l’Evangile nous avons la responsabilité d’interroger tout ce qui s’écrit, se dit. Mais comprenons-nous bien. Nous n’avons aucune croisade à mener.

Cet Evangile que nous annonçons, nous le recevons d’un Autre, du Christ lui-même ! Nous le proclamons. Il peut être accepté ou rejeté. Mais cela ne doit pas nous décourager. Nous sommes, et devons toujours demeurer les témoins d’un Dieu d’amour qui ne met pas dehors celui qui vient à lui mais qui accueille. Et si notre proclamation suscite le rejet, comptons sur Dieu pour qu’il ouvre les portes au temps favorable. Lui seul a le secret des cœurs.

 

Frédéric Verspeeten

 

 

Novembre 2008

 

 

 

                                                        Octobre 2008

 

Le mot du mois

 

 

Evangile de Jean15/9-21

Comme le Père m'a aimé, moi aussi, je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi j'ai gardé les commandements de mon Père et je demeure dans son amour. Je vous ai parlé ainsi pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète.

Voici mon commandement : que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. Personne n'a de plus grand amour que celui qui se défait de sa vie pour ses amis. Vous, vous êtes mes amis si vous faites ce que, moi, je vous commande. Je ne vous appelle plus esclaves, parce que l'esclave ne sait pas ce que fait son maître. Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai entendu de mon Père.

Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, c'est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous, vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure; afin que le Père vous donne tout ce que vous lui demanderez en mon nom.

Ce que je vous commande, c'est que vous vous aimiez les uns les autres. Si le monde vous déteste, sachez qu'il m'a détesté avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui lui est propre. Si le monde vous déteste, c'est parce que vous n'êtes pas du monde, alors que, moi, je vous ai choisis du milieu du monde.

Souvenez-vous de la parole que, moi, je vous ai dite : L'esclave n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.

Mais tout cela, ils vous le feront à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé.

* * * * * * *

Demeurez dans mon amour…

Le rythme de nos vies en ce début de XXIe siècle est trépidant. Travail, famille, vacances, loisirs, relations avec les amis… sans oublier les risques de chômage, la maladie, le décès brutal d’un proche, la séparation…

Nous sommes emportés dans un rythme de vie qui s’impose à nous, alors que nous croyons l’avoir choisi. Mais dans ce tourbillon, heureux pour certains, infernal pour d’autres, n’avons-nous pas à nous arrêter et à réfléchir à l’essentiel ?

La communauté johannique, à laquelle Jésus s’adresse ici, est tourmentée, rejetée, mal aimée, brisée par des oppositions. Ses membres s’interrogent : avons-nous raison de croire ?

La réponse arrive très simplement : Demeurez dans mon amour…

Notre plus grande difficulté dans la foi chrétienne est peut-être celle là. Réaliser que nous sommes aimés de Dieu, ne pas en douter et nous le rappeler à chaque instant. Notre monde est loin d’être parfait, mais si chaque matin nous nous levons sous le soleil, c’est parce que Dieu croit encor que la vie humaine en vaut la peine !

Comment essayons-nous de vivre cet amour de Dieu ? En le remerciant ? En lui remettant toutes choses ? Certes ! Mais cela n’est que le début du chemin. Si nous arrivons à comprendre, ne serait-ce qu’un tout petit peu, l’immensité de son amour, qu’en faisons-nous ? Comment cet amour nous conduit-il à la rencontre des autres ?

Car voilà, l’Évangile nous ramène toujours à l’autre, aux autres… à ces autres comme nous-mêmes que nous n’arrivons pas à aimer ! Nous les jugeons trop différents, pourtant, ils sont eux aussi aimés de Dieu. Ils nous rappellent que Dieu accepte aussi en nous les côtés les plus sombres.

Notre amour est volage, instable et changeant. Il dépend souvent de notre humeur, de nos sentiments, des circonstances et des succès. L’amour divin ne dépend que de lui-même. Sa décision de m’aimer est éternelle. Ainsi, par définition, l’amour de Dieu est constant et toujours fidèle.

Plus nous serons conscients de son amour, de ses bénédictions et de sa volonté aimante envers nous, plus nous y répondrons avec constance, dans une attitude, une position de don de soi plein de reconnaissance. Nous demeurons dans l’amour de Dieu quand notre amour apprend à dépendre de plus en plus du sien et nous aide chaque jour à accepter et à vivre ce qui nous est le plus difficile.

Demeurez dans mon amour…  Que cette interpellation de Dieu, renouvelée aujourd’hui, soit notre mot d’ordre individuel et communautaire au moment de la reprise de nos diverses activités !

Frédéric Verspeeten

 

 

Octobre 2008

 

 

 

 

 


 

 

 

                                                         Juillet - Aoüt - Septembre 2008

 

Le mot du mois

 

 

Evangile de Jean 14, 27 à 31

27 Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point.
28 Vous avez entendu que je vous ai dit: Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père ; car le Père est plus grand que moi.
29 Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu'elles arrivent, afin que, lorsqu'elles arriveront, vous croyiez.
30 Je ne parlerai plus guère avec vous; car le prince du monde vient. Il n'a rien en moi;
31 mais afin que le monde sache que j'aime le Père, et que j'agis selon l'ordre que le Père m'a donné, levez-vous, partons d'ici

* * * * * * *

Dans le passage que nous découvrons aujourd’hui Jésus parle de paix et nous invite à ne pas céder à l’inquiétude.

Ces paroles trouvent inévitablement un écho dans nos esprits et dans nos cœurs. Le monde dans lequel nous vivons est troublé. La paix n’est pas une réalité simple à construire, à édifier entre les peuples et, au sein des peuples, entre les humains. Beaucoup de choses peuvent nous nuire et nous enlever la paix.

Alors la promesse de Jésus-Christ nous atteint directement. Nous devons la prendre au sérieux. Jésus nous dit qu’il nous donne la paix mais qu’il ne le fait pas comme le monde.

Aujourd’hui nous avons tous besoin de paix, paix en nous-même, paix avec nous-même. Paix avec nos parents, nos enfants. Paix avec Dieu. Paix avec nos frères et sœurs.

Jésus en d’autres textes des Evangiles nous invite à être des artisans de paix.

Je disais il y a quelques instants : nous avons besoin de paix en nous-mêmes, dans nos cœurs. Il n’y a rien, en effet, que Christ ne puisse entendre du secret de nos vies. Si nous nous souvenons que nos vies sont toutes entières ouvertes devant Lui et si nous avons la simplicité de Lui remettre notre existence avec ses chaos, ses hésitations et ses fautes, nul doute … il nous écoute et transformera nos inquiétudes en paix … !

Alors n’ayons pas peur ; remettons-Lui toutes choses et si l’exaucement n’est pas celui que nous aurions voulu, laissons-le agir et nous donner sa paix dans le plus profond de notre être.

A nous tous qui sommes stressés, agités, ballotés, il dit : « Arrête-toi, repose-toi, fais silence et laisse ma paix venir en toi ». Cette rupture avec l’agitation nous permet de trouver la paix, et de repartir en sachant qu’Il vient vers nous, qu’Il fait route avec nous et qu’Il est engagé dans le combat pour la paix entre les hommes. Il vient, réjouissons-nous !

Bonnes vacances !

Frédéric Verspeeten

 

 

Juillet - Août 2008

 

 








                                                         Juin 2008

 

Le mot du mois

 

 

Au début du passage que vous pouvez lire dans l’évangile de Jean 14, 21 à 26, Jésus reprend à l’envers le v. 15 du même chapitre.

-          Souvenez-vous, il déclarait : si vous m’aimez, observez mes commandements,

-          Ici, voilà qu’il retourne la phrase : celui qui retient mes commandements et leur obéit, voilà celui qui m’aime !

Aurions-nous mal compris l’Evangile ?

Jésus serait-il en train de nous dire que Dieu donne son amour uniquement à ceux qui manifestent leur amour envers lui ?

Non. Il n’a cessé de dire pendant la durée de son ministère que si nous pouvons aimer Dieu c’est parce qu’il nous aimé le premier.

Toute la question est là !

Nous sommes aimés de Dieu, mais une fois que nous avons reçu cet amour nous devons l’aimer en retour. La Bible dans l’épitre aux Romains nous dit que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint (Romains 5, 5). Cet amour qu’il veut éveiller, déverser, susciter, faire naître en nous, est censé jaillir de nous, de notre être, vers Dieu et vers les autres …

Il n’est pas simple de nous dire que par l’amour de Dieu nous sommes rendus capables de vivre ses commandements. Les commandements nous paraissent toujours très austères, très contraignants, difficiles à mettre en œuvre et  à vivre. Mais l’œuvre d’amour de Dieu nous invite à considérer que les commandements peuvent devenir des principes de liberté et non des règles pesantes …

Dans notre monde il y a tant à faire, pour combattre auprès et en faveur des plus faibles. Le Seigneur nous promet que les combats, mêmes difficiles, peuvent devenir notre joie si nous sommes animés de l’amour de Dieu.

Nous étions incapables d’aimer, il nous a donné sa force. Voilà la bonne nouvelle qui devrait nous accompagner aujourd’hui : nous étions incapables d’aimer en vérité, il nous a rendus capables.

 

 

Frédéric Verspeeten

 

 

Juin 2008

 

 

 

 


 

 

 

                                                        Mai 2008 

 

Le mot du mois

 

 

Lire Jean 20, 19 à 31

Jésus dit : « heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ».

Et nous voilà tous concernés !!

Je ne connais certainement pas tout de vos vies spirituelles à tous, mais je ne pense pas trop m’avancer en disant qu’aucun d’entre vous n’a eu la chance de rencontrer Jésus lui-même ! Heureux donc êtes-vous, qui, sans avoir vu avez cru !!!

Jean, qui écrit son évangile autour de l’année 100 de notre ère s’adresse à une génération de chrétiens qui n’ont, bien sûr, pas rencontré Jésus de son vivant, certains, n’ont même pas dû rencontrer des gens qui eux mêmes avaient côtoyé Jésus !

Nous sommes les héritiers de ces hommes là ! Entre ceux qui ont vu Jésus, de leurs yeux et nous, combien d’hommes, comme chaînons de la transmission ? Et pourtant, nous sommes là ! Heureux sommes-nous !!

Sans doute, comme Thomas, aimerions-nous parfois, pouvoir toucher du doigt cet homme qui depuis des siècles, continue à attirer des gens derrière lui ! Mais la foi ne joue pas sur ce registre !

Quand Jésus propose à Thomas de placer, comme il l’avait demandé, ses mains dans ses plaies, l’apôtre se rétracte, il n’a plus besoin de cela ! Et sa confession de foi éclate, belle, puissante ! « Mon Seigneur et mon Dieu » !!

Ce n’est pas le toucher qui a convaincu Thomas de la réalité de la résurrection de Jésus. C’est sa voix ! C’est sa parole ! Ce jour-là, au beau milieu des autres, c’est à lui, directement, que Jésus s’adresse, il l’interpelle, et voilà notre Thomas retourné, son incrédulité envolée, sa foi flamboyante !!!

Or, Thomas, est appelé Didyme, ce qui signifie le jumeau. C’est notre jumeau à nous, premier d’une longue lignée de croyants incrédules, qui, jusqu’à nos jours, reste ininterrompue. Thomas, c’est le prototype, si j’ose dire du croyant, d’après la résurrection. C’est, ce jour-là, notre représentant. Comme lui, il nous arrive de douter, et de réclamer des preuves, d’un ton impérieux !

Et cette voix de Jésus qui interpelle Thomas, ne l’entendons-nous pas distinctement dans nos oreilles, par la voix de nos frères qui nous encouragent ou qui ont besoin de nous, ou encore, parfois, par chance, par la voix du prédicateur, les jours fastes où l’Esprit Saint est au rendez-vous !?

« Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ». Nous sommes ceux-là, en voilà une bonne nouvelle !!

Nous voilà donc, tout à coup élevés à la qualité de détenteurs de la foi véritable ! Celle qui ne s’appuie pas sur les sens ! « Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ».

J J J

Oui, mais  … !!!

Ca y est, allez-vous dire, c’était trop beau : il y a un « mais » !!

Oui, mais, de cette foi dont nous avons hérité, par grâce, sans que nous sachions très bien pourquoi nous, plutôt que notre frère ou notre voisin, cette foi, qu’en faisons-nous ?

Comment essayons-nous de la communiquer ?

Comment essayons nous d’être, à notre tour, voix de Jésus pour notre frère, notre sœur ?

Comment est-ce que nous traduisons la joie, et la paix qui habitent notre cœur avec la certitude que Jésus est, toujours, avec nous ?

Jésus entre dans nos vies, et il s’adresse à nous : « Comme le père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ! »

Qu’est-ce que Thomas a fait, ce jour-là, en sortant de cette salle verrouillée sur la peur ?!

Un texte apocryphe, les Actes de Thomas, raconte que Thomas est parti ensuite, très loin, jusqu’en Inde, évangéliser les païens, témoigner de cette joie et de cette foi qui est, désormais en lui, et qui flambe, si fort et si haut, que, comment pouvait-il ne pas en faire profiter les autres ? Un maximum d’autres !!

Est-ce que ça se voit, sur ma figure, que je suis chrétien ?! Souvent on a l’impression que ceux qui disent ne pas trop tenir compte du Carême et se réclament de la grâce, vivent écrasés par un pesant fardeau et ne savent même pas sourire. Curieux non, quand on se réclame de la grâce libératrice ?

Nous sommes chrétiens, bien ! Alors, est-ce que ça se voit dans le respect que nous avons, par exemple, de nos engagements, au travail, comme auprès des nôtres, comme, aussi, dans notre Eglise ? Où est placée notre priorité ?

Est-ce que nous sommes bien conscients, convaincus que notre présence, est importante, le dimanche, au culte, à l’école du dimanche ou au Caté pour nos jeunes ?

Est-ce que nous montrons à nos jeunes, que notre foi imprime à notre vie une direction de droiture et de responsabilité que rien d’autre d’équivalent ne saurait lui donner ?

A cette interpellation, puissions-nous tous répondre avec autant de conviction que Thomas : Mon Seigneur et mon Dieu !!

« Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! ».

Frédéric Verspeeten

 

 

Mai 2008

 

 

 

                                Avril 2008

 

 

Le mot du mois

 

 

Acteurs devant Dieu

A Valenciennes, puis à Saint-Amand, des cultes parents-enfants !

Un culte parents-enfants signifie priorité à l'enfant. Celui-ci est sollicité, écouté, reconnu lors d'un culte dont il peut comprendre le sens et le déroulement.

Etant entendu que ce culte se veut ouvert à toute la communauté, de 7 ans et moins, à 77 ans et plus, nous désirons y faire se rencontrer, pour prier ensemble, toutes les générations. Nous suivons en général l'ordre liturgique habituel, afin que les enfants s'inscrivent dans cette liturgie de la communauté et de l'Eglise Réformée, en apprenant à y reconnaître le chemin de vie que Dieu offre à l'être humain. Mais chaque moment liturgique est présenté et brièvement expliqué. A la grande joie de beaucoup d'adultes qui en avaient oublié les sens ! Et c'est peu dire que les enfants participent à la lecture des textes : ils se les arrachent et la répartition n'est pas toujours facile

 

Une prédication dialoguée

 

Le texte biblique choisi est toujours un texte que les enfants de l'Ecole Biblique ont étudié. Aussi la prédication est-elle dialoguée et les enfants sont invités à donner leur interprétation du texte. De plus il arrive qu'ils écrivent eux-mêmes la prière d'intercession.

L'atmosphère de ces cultes est chaleureuse, assez bruyante il est vrai car tous les enfants, y compris les bébés, sont invités et peuvent se promener librement. C'est parfois un peu «sportif» pour le ou les célébrants, mais le résultat est là : les enfants sont heureux et ont envie de participer et de partager leurs découvertes bibliques. Par ailleurs les parents et autres paroissiens semblent se réjouir de cette rencontre. Car beaucoup de parents qui travaillent et élèvent de jeunes enfants n'arrivent pas à assumer le rythme hebdomadaire du culte.

 

Le culte des Rameaux fut pour tous une grande joie.

Comme les enfants travaillent sur le thème de l’Exode et des prophètes, nous avons pris pour thème : La marche dans la confiance. Il nous a fallu le relier à la fête des Rameaux bien sûr pour ne frustrer personne.

Ces moments vécus en commun sont des moments très forts, et en même temps des moments très simples. Si prier et célébrer Dieu ensemble, avec les enfants, est une priorité dans une paroisse, trouver les moyens et les manières de le faire n'est pas bien difficile. II faut surtout penser à ce qui va être très significatif pour les enfants.

A la rentrée, beaucoup m'ont demandé si on allait refaire cette année un culte comme l’an dernier...

II faut aussi, me semble-t-il, mettre en valeur ce que les enfants ont appris, et faire le lien entre la Bible, la vie, et la prière communautaire. Un moyen de le faire est d'encourager les enfants à devenir les acteurs devant Dieu et devant l'assemblée de la célébration cultuelle.

Devenus adultes, ces enfants auront peut-être oublié certaines choses de leur enseignement religieux. Mais il se souviendront certainement, et surtout ceux pour qui il est difficile de s'exprimer en public, que nous, adultes, avons eu un jour besoin de leurs mots, de leur présence, de leur sourire, et même de leur remue-ménage, pour prier et pour louer notre Seigneur !

X  X  X

Après la résurrection !

Il y a quelques jours nous célébrions la fête de Pâques ! Pourtant, l’événement de Pâques, pour central qu’il soit dans l’expression de la foi chrétienne, n’a pas immédiatement rallié les suffrages des premiers intéressés. Que dire de nous et de nos convictions fragiles, vingt siècles après…

Pourtant, ces témoins et ces témoignages ont franchi les frontières, le temps et l’histoire, par oral puis par écrit. De siècle en siècle, d’interprétations en interprétations, de vies transformées en témoignages engagés, la parole a parcouru le monde jusqu’à aujourd’hui : Celui que l’on croit mort est ressuscité, prémices de toutes nos résurrections.

Mais quel est le sens de la résurrection pour moi, aujourd’hui ?

Et moi, lointain descendant de ces premiers témoins, me voici tenu de préciser ce que ressusciter veut dire, en ces temps troublés comme le sont tous les temps des humains.

Il nous faut apprendre à ressusciter aujourd’hui, dans nos vies présentes. Je ne nie pas avoir été moi-même témoin de vies transformées et je n’ai pas hésité à dire, avec d’autres : « C’est une véritable résurrection. » C’est vrai que tout passage d’un état de vie marqué par la souffrance, le malheur, le tragique, à la guérison, à la joie retrouvée, aux forces renouvelées, peut être parabole de la Résurrection du Christ, promise à toutes et à tous. Il s’agit là de signes annonciateurs, d’éléments visibles d’une réalité invisible et promise.

Mais pour moi, ces signes ne prennent signification que parce qu’une résurrection, pleine et entière m’attend. Ainsi je peux discerner dans chaque vie et la mienne, des traces de résurrections partielles. Nous pouvons vivre de petites résurrections bienfaisantes parce qu’elles sont filles de la Résurrection de Jésus.

Mais cela ne m’empêche pas, parfois, de souhaiter une réponse à des questions simples : comment les morts ressuscitent-ils ? Avec quels corps reviennent-ils ? (1 Co 15,35) Est-ce qu’on ressuscite dès sa mort ? Et comment Dieu fait-il pour ressusciter les milliards d’humains (sans parler des animaux et des plantes) déjà morts ? Et tous ceux à venir ?

Questions sans réponse et peut-être, à la limite, sans intérêt ni sens. Paul n’a pas tort qui guide le questionneur sur d’autres pistes. Il parle de corps spirituel, d’être incorruptible, de transformation.

Les limites de mon cerveau sont atteintes : je ne sais pas « comment » mais je sais « que », comme Job l’exprime : « Je sais que mon Rédempteur (Défenseur) est vivant et qu’il se tiendra au dernier jour sur la terre… C’est bien dans ma chair que je contemplerai Dieu. » (19,25-26)

Certains disent leur crainte que l’espérance d’une vraie vie, après la mort, démobilise pour la vie d’aujourd’hui. Je n’en crois rien. Il me semble qu’avoir l’assurance que toute vie et toute la vie, sont placées « sous les yeux éternels du bon regard de Dieu » pour les tirer vers leur potentiel le meilleur et non vers la barbarie, peut au contraire donner force et courage pour s’humaniser davantage et participer à l’humanisation des humains.

Que dit Pâques ? Il est ressuscité. La mort est vaincue. Ô mort, où est ta victoire ?

Il m’apparaît que pour quiconque s’interroge sur l’absurdité d’une vie scellée par sa destruction, proche ou lointaine, et cherche un peu de vérité et de pardon pour vivre, le message de Pâques que portent les chrétiens, vaut le détour et, qui sait, le voyage.

Un voyage qui n’entraîne pas forcément sur des routes parallèles, protégées des orages et des naufrages de la vie mais qui, au rythme de chacun, fait avancer, au fil des jours, avec moins d’angoisse et de désespérance au cœur.

Nicole Vernet

 

 

Avril 2008

 

 

 

 

 

 


                                Mars 2008

 

Le mot du mois

 

 

 Du Carême à Pâques

Nous sommes à peine sortis du temps de Noël et nous voici déjà en route vers Pâques !

Cette année le temps du Carême nous invite à relire cinq textes intéressants. Si vous voulez vous-même suivre l’itinéraire de ce temps, en voici les références :

-         Matthieu 4, 1 à 11,            Jésus au désert

-         Matthieu 17, 1 à 9,            La transfiguration

-         Jean 4, 5 à 42,                 La rencontre avec la samaritaine

-         Jean 9, 1 à 41,                 Quand Jésus nous rend la vue

-         Jean 11, 1 à 45,                Il est plus fort que la mort

L’itinéraire du temps de Carême est remarquablement empreint d’une voie ouverte jusqu’à Dieu.

Le Carême traditionnellement se voulait temps de jeûne, de privation. C’est un choix. Dans celui-ci chacun renonce à ce qu’il a de meilleur. Dans notre monde on pourrait dire que c’est un renoncement volontaire à la consommation sans limite. Renoncer à quelque chose de soi pour donner priorité aux plus fragiles. En ce temps de Carême « Donne un peu de ton temps au sans-papiers, au SDF, aux malades, aux personnes fragilisées par l’épreuve, aux familles déchirées par la délinquance ou le mépris… Tends la main au travailleur sans emploi… ».

Mon actualisation de l’Evangile n’est pas audacieuse. C’est ce que Jésus fait. Il a tendu la main à la femme étrangère qui était taxée de mangeuse d’hommes (Elle avait eu cinq maris au moins…). Il a rendu la vue à un aveugle que l’on considérait comme pécheur ayant mérité son sort. Il a rendu la vie à un mort (Lazare).

Dans l’un de ces récits, Jésus est amené au désert. Et ici intervient un personnage inquiétant, bizarre, qui n’a pas bonne presse : le tentateur. Cornu, pieds fourchus, rouge de peau, plein de poils, semblable à un bouc. Pour les canons de beauté, c’est raté mais dans le style gore, c’est génial.

Après cet égarement de ma plume je reviens au tentateur. Rien à voir avec la représentation ci-dessus.

Jésus dans son ministère devra essentiellement résister à trois tentations : le pouvoir, la convoitise, l’opulence.

-         Au pouvoir, Jésus répond par la reconnaissance de l’autorité de Dieu seul.

-        A la convoitise, Jésus répond par la fidélité à la Parole créatrice qui fait de la part de Dieu « toute chose belle en son temps ».

-         A l’opulence, Jésus répond par le dénuement qui nous permet d’attendre l’homme vrai, l’homme nouveau selon la volonté de Dieu.

Au-delà de ce récit ce sont nos choix de vie qui sont interpellés, interrogés. Nos choix quotidiens, notre manière d’être, de vivre, de donner, d’acheter, de consommer, l’amour que nous donnons ou refusons… . Tout cela révèle ce que nous sommes et qui nous voulons servir. Dans le temps du Carême, s’arrêter, réfléchir, pour remettre nos pendules à l’heure n’est pas inutile.

Dans les récits de cette année, Jésus va rencontrer deux personnes, l’aveugle et la Samaritaine, dont les vies seront bouleversées, bousculées.

Si nous le voulons vraiment, si nous en prenons le temps, la rencontre avec le Christ transformera nos vies, nos cœurs et le sens de nos actes… !

Pour nous qui avons beaucoup de mal à croire, le Christ vient et va être transfiguré devant ses disciples. De même que le Christ se relèvera de la mort, il y a déjà en nous, si nous croyons en sa Parole, l’émergence de la vie nouvelle. Nous ne l’avons pas en nous. Elle nous a été donnée par l’œuvre de l’Esprit Saint qui nous fait don de l’énergie incréée de Dieu.

Sous nos vêtements d’humanité, dans le secret du dépouillement, voilée par nos souffrances, se cache la vie en plénitude. Don de Dieu. Promesse irrévocable. Le Christ est le premier de la longue lignée de ceux et celles qui portent désormais en eux la vie éternelle. Ce cadeau de Dieu mérite qu’on le prenne au sérieux. Ne le pensez-vous pas vous aussi ?

Oui, Dieu est plus fort que la mort. Pour l’instant elle est encore là, mais ce qui a changé depuis le matin de Pâques c’est le triomphe de la vie sur la mort. Pour Dieu il n’y a rien d’irréversible, d’impossible. Son intelligence et sa sagesse infinie construisent une autre réalité où chacun de nous sera restauré, où ce qui nous a été pris sera rendu au centuple, où le mal n’aura plus sa place… où les figures erronées du tentateur n’auront plus cours.

Il vient à ta rencontre, en ce temps de Carême et de Pâques. Ouvre-lui ta porte. Demande-lui, comme l’aveugle, d’ouvrir tes yeux et il te conduira.

Frédéric Verspeeten 
 

 

 

Mars 2008

 

 

                        Février 2008

 

Le mot du mois

 

 

Je ne résiste pas à reprendre à mon compte et de partager avec vous la réflexion de l’un de mes collègues, professeur de théologie :

Chercher la perfection ou la prétendre acquise : voilà ce qui mine les Églises et gangrène la foi et l’existence.

« Dans sa grâce, Dieu ne nous permet pas de vivre dans l’Église de nos rêves », écrit le théologien Dietrich Bonhoeffer (1906-1945).

Oui, rien de plus dangereux que cette quête de perfection qui nous laisse toujours insatisfaits, durs ou amers, et nous fait dériver dans l’irréel.

Et quoi de plus dangereux aussi que de penser cette perfection atteignable ?

Une foi prétendument parfaite, jamais touchée par le doute, devient arrogante et se transforme en reproche permanent.

Une Église qui croit réaliser les idéaux qui l’animent devient prétentieuse et sectaire.

Une religion idéalisée, fermée à la critique et pour qui la rencontre avec autrui n’est que bavardage stérile, devient morte.

Prétendre à la perfection religieuse n’est que mensonge et blasphème ! Mensonge, car c’est faire croire que la perfection est en notre pouvoir ; blasphème, car c’est nier le fait qu’en Dieu tout est grâce, don, prodigalité. Mais assumer l’imperfection ne revient pas à s’y complaire.

Si, en Christ, Dieu est une force d’approbation qui nous permet de nous accepter tels que nous sommes et nous libère de toute illusion, Dieu est aussi un appel à transfigurer le réel. Et ce, au nom d’un Évangile qui n’est pas une chimère, un fantasme ou un rêve inaccessible.

Cet appel nous reconduit au cœur du monde, tel qu’il est, pour transformer avec passion ce qui peut l’être, tout en acceptant avec sagesse ce qui ne peut être changé.

« Dieu hait la rêverie pieuse », écrit aussi Bonhoeffer.

L’Évangile ne nous oblige pas à l’impossible et brise nos rêves de puissance et de monde parfait. Ce faisant, il nous replace à la hauteur de nos moyens, et nous encourage ainsi à rendre le monde possible, possible pour tous, c’est-à-dire habitable, humain, tout simplement.

 

 

 

Février 2008

 

                                                            Janvier 2008

 

PRIER SANS CESSE

Un mot d’ordre pour l’année 2008 !

 

 

- Un constat s’impose, nous avons du mal à prier

- La parabole du juge inique, une invitation à toujours prier

- Qu’est-ce que prier ?

- Disponibilité à Dieu et aux autres, bonne année 2008 !

 

 

 

Lectures bibliques :

Luc 18, 1 à 8 ; II Timothée 2, 14 à 4, 2 ; Exode 17, 8 à 13

***

Un constat s’impose en préambule ! Aujourd’hui, les chrétiens ont du mal concernant la prière. Ils sont confrontés à plusieurs problèmes que je voudrais seulement évoquer avec vous, sans prétendre les résoudre en quelques mots.

-          Souvent la vie nous accapare, nous écrase, nous oublions de voir l’essentiel et nous ne trouvons pas ou nous ne prenons pas de temps pour prier.

-          Parfois, nous n’en sentons pas le désir, nous sommes découragés et notre foi défaille. Le remède consisterait pourtant à être constants dans la prière et à chercher le Seigneur et sa volonté dans tout ce que nous entreprenons et dans tout ce que nous sommes.

-          Il y a des moments où nous doutons des promesses de Dieu, il nous semble qu’Il se cache, qu’il est absent, alors qu’Il nous invite à nous approcher de lui avec foi, avec un cœur sincère.

-          Face aux difficultés, face aux dangers, nous cherchons des solutions en oubliant de nous laisser guider par Dieu pas à pas. Souvenons-nous, la prière est ancrée dans l’assurance que Dieu est fidèle. Lui seul embrasse tout, présent et futur. Sa parole est digne de confiance.

-          Concernant la prière, il est évident que nos réactions sont différentes ; notre tempérament, notre caractère vont influencer notre manière de prier et la forme de nos prières. La prière prend ainsi de multiples formes et elle est d’autant plus belle qu’elle est authentiquement spontanée.

Le récit de Luc 18/1 à 8 sur lequel nous avons déjà réfléchi au cours du culte du dimanche 21 octobre 2007, met en scène deux personnages :

·         Un Juge fort, invincible en apparence, un homme sur lequel on n’a aucune prise. Il ne craint pas Dieu et n’a d’égard pour personne nous dit le texte. Il est imperméable aux hommes. Athée ! Impassible ? Il est clos, hermétique, insensible à tout regard. Le ciel ne peut rien contre lui… Il ne cède pas aux menaces.

·         A côté de lui il y a la veuve faible, vulnérable fragile, celle qui perd… Il n’y a personne pour la défendre. Elle n’a aucune chance de gagner. Pourtant, cette femme faible a une force : sa patience, son obstination. Elle va ainsi trouver la faille chez le juge. Elle vient. Elle revient et il craque il finit par rendre justice. Il l’aide pour être tranquille et, encore une fois, c’est Goliath qui abandonne. Elle a manié la seule arme dont elle dispose : l’obstination, la prière sans se lasser. Vous le constatez, la force n’est pas toujours là où l’on croit la trouver.

Luc nous relate cette parabole et en dévoile immédiatement l’intention : c’est pour montrer qu’il faut toujours prier, sans se lasser, en tout temps. Dieu invite donc les humains à le prier.

Vous allez me dire : la prière n’est-elle pas le premier acte de la vie chrétienne ? Certes ! Mais il nous faut aller plus loin !

Ce que vous allez lire maintenant vous semblera peut-être banal mais, à l’orée de l’année nouvelle, il n’est pas déplacé de nous souvenir des choses essentielles et je souhaite que nous puissions les reprendre plus tard en profondeur.

Qu’est-ce donc que la prière ?

Ø       Dietrich Bonhoeffer considérait que prier, c’était rester en contact avec la source de la vie.

Ø       L’apôtre Paul nous appelle au chapitre 12 de l’Épître aux Romains à rendre à Dieu un culte agréable, un culte en esprit et en vérité. Le culte dont il parle ici n’est pas le culte public bien que le culte public soit un des éléments qui découle à l’évidence du culte personnel, dans le secret de notre chambre. Ce texte nous invite à devenir vrais avec Dieu à être vrais et sans nul doute, nous le serons alors aussi avec les autres. Dieu est vérité… il faut que ceux qui l’adorent le fassent en vérité.

Ø       La prière n’est pas verbiage, mais élan du cœur vers Dieu. Elle ne se traduit pas seulement par des mots, mais par une attitude psychologique et une disposition intérieure. Elle est par excellence une manière de dire : « Ma vie est ce qu’elle est ; mais je sais que quelque chose de nouveau est possible ».

Ø       Par cet acte les humains s’élèvent jusqu’à Dieu et implorent sa grâce, sans laquelle nous avons du mal à vivre. Les humains même les plus nantis se reconnaissent faibles, indigents, mais pleins d’espérance.

Ø       Celui qui demande, dit l’Ecriture, reçoit ce qu’il demande. Dans l’évangile de Luc, Jésus raconte cette parabole de la veuve qui demande que justice lui soit rendue par un juge qui n’a ni crainte de Dieu, ni respect des hommes. Ce récit est une manière de rappeler la nécessité d’une prière constante - prier constamment et ne pas se décourager - et la certitude que la prière sera exaucée : « Et Dieu ne ferait-il pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? »

Ø       Nous devons prendre garde de ne pas transformer notre prière en une prière adressée à une idole. L’idole, l’homme se la fabrique et il lui demande d’accomplir ce qu’il veut, quand il veut comme il veut... Mais Dieu n’est pas une idole, Il est le Tout Autre qui nous connaît mieux que nous-mêmes et peut répondre authentiquement aux besoins réels de notre être. Dieu nous invite donc à le prier avec humilité et respect. Il est notre Père, notre créateur, notre maître. La prière est une école de dépouillement. Prier, c’est accepter que tout peut être dit et échangé avec Dieu.

Ø       La prière n’est pas seulement l’expression de nos besoins, elle manifeste aussi, le désir de connaître l’œuvre et l’amour de Dieu. La prière, c’est à la fois la volonté de mettre notre vie en relation avec ce qui est essentiel et c’est aussi la volonté de nous laisser modeler par Dieu pour que nous devenions conformes à son image.

Pour conclure, revenons au récit que nous venons de lire. Il évoque la patience, la persévérance et même l’importunité...

Oui, Dieu nous invite à prier, à prier sans cesse !

-          Pour nous-mêmes, pour nos besoins, pour nos peurs et nos craintes, pour nos proches, pour que sa volonté et son Esprit nous guident En nous racontant, la prière nous livre devant Dieu et fait de lui le dépositaire de la vérité secrète et intime de chacun. Rien n’est insignifiant à ses yeux, rien ne lui est impossible.

-          Pour nos frères et sœurs. Prier pour eux, pour leur bien, c’est reconnaître qu’ils sont eux aussi dans la main de Dieu, au bénéfice de sa grâce.

-          Pour l’humanité entière, pour ce qui est bon, pour la justice, pour le triomphe de l’Evangile. Prier, c’est combattre, avec Dieu, pour un monde meilleur, c’est agir pour que le monde devienne le Royaume de Dieu.

***

Si donc la prière est cette ouverture totale à Dieu dans l’amour et la confiance, si donc elle est aussi cette disponibilité constante aux autres, y-a-t-il de meilleures dispositions de notre être le plus profond pour vivre l’année 2008 ?

Je vous souhaite une année riche en famille, riche en événements pour notre communauté, riche en engagements féconds pour la société dans laquelle nous vivons, riche dans l’espérance dont nous devons être les témoins.

Voila mes vœux les meilleurs pour chacun et pour nous tous, vœux pour la communauté à laquelle nous appartenons et que nous voulons vivante et accueillante. Que Dieu nous soit en aide pour qu’il en soit ainsi.

 

Seigneur, apprends-nous à prier en esprit et en vérité.

 

 

 

 

 

Frédéric Verspeeten

 





                                                             Décembre 2007

 

Le mot du mois

 

 

Les lectures suivantes nous ont été proposées à l’occasion du culte du dimanche 23 septembre 2007, alors pourquoi les reprendre pour le temps de Noël ? Vous allez le deviner facilement en vous promenant dans les rues de nos grandes villes…

Lectures bibliques :

Luc 16, 1 à 13 ; I Timothée 2, 1 à 8 ; Amos 8, 4 à 7

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Frédéric Verspeeten

 

 

Décembre 2007

 

                                                         

                                                        Novmebre 2007

 

Le mot du mois

 

 

Une fois n’est pas coutume… Le mot du pasteur sera cette fois un billet biblique correspondant à l’essentiel de la prédication du culte du 7 octobre 2007. Il permettra ainsi à chacun de ceux qui n’ont pu y participer d’entrer dans la réflexion communautaire suscitée par cette méditation à l’orée de cette année nouvelle qui nous est offerte.

Lectures bibliques :

Psaume 126 ; Joël 2/18-27 ; Philippiens 4/6 et 7 et 10 à 20 ; Jean 4/31-38

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Frédéric Verspeeten

 

 

Novembre 2007

 

 


                                                         Octobre 2007

 

Le mot du mois

 

 

A chaque rentrée les résolutions ne manquent pas dans nos paroisses. Nous voulons repartir à neuf. Nous formulons des projets mobilisateurs ...

Et si simplement, nous promettions de marcher sous le regard de Dieu et de pratiquer sa justice comme nous le rappelle Dieu par la bouche du prophète Michée :

« On t’a fait connaître ô homme, ce qui est bien ;
et ce que l’Eternel demande de toi,
c’est que tu pratiques la justice,
que tu aimes la miséricorde,
et que tu marches humblement avec ton Dieu. »
(Michée 6/8)

Marcher sous le regard de Dieu, pratiquer la justice… tout un programme pour changer le monde et plus près de nous, notre environnement, nos relations !

Dieu ne nous demande pas d’être infaillibles, de promettre la lune mais d’être fidèles dans nos engagements, de ne pas décevoir autrui, et de ne pas nous décevoir nous-même

Dans la liberté de l’Esprit, promettons simplement de faire de chaque jour un « oui » renouvelé.

 

 

 

"Tu m'appelles par mon nom"
Seigneur, tu dis à chacun :
Je t'aime et je t'appelle par ton nom."
Cette phrase chante
dans ma tête et dans mon cœur.
C'est du miel qui coule
dans mes veines.
C'est une naissance.
Moi qui te craignais
comme un Dieu jaloux
qui enlève toute liberté,
j'ai découvert la tendresse fidèle
et libératrice de ton alliance.

 

 

 

Une alliance qui, loin d'être aliénation,
permet qu'advienne un "je".
Car loin de faire perdre leur identité
à ceux qui te suivent,
tu la leur donnes :
douceur de l'acceptation de soi...
Sans nombrilisme ni autosatisfaction,
dans l'action de grâce
et l'émerveillement de ton amour.
Oui, c'est parce que tu m'aimes,
Seigneur,
que je peux être vivant.

D'après Monique Hébrard
(dans "Prier" n°288
janvier-février 2007


 

 

Octobre 2007

 

 

                              

Juin 2007

 

 

Le mot du mois

 

 

Pour notre Eglise le mois de mai a été riche en événements forts : Le concert inaugural de l’orgue, la fête de Pentecôte au cours de laquelle nous avons eu la joie d’entourer nos jeunes confirmands. Nous avons invoqué particulièrement sur eux la présence de l’Esprit Saint qui confirme en chacun de nous notre appartenance à Dieu comme ses fils et filles, pour nous permettre en retour un engagement libre et joyeux (Romains 8/16 et Gal 5/25). N’oublions pas que cela, nous est donné et que l’appel est renouvelé à chacun de nous. Je laisse à votre méditation ce  texte de Charles Singer :

 

 

Viens mon peuple,
l'Esprit t'a préparé l'Évangile.
Avec mon Esprit
pars enfanter l'autre face de la terre
de la terre et des vivants.

Viens !
A ceux qui travaillent
donne le juste salaire,
à ceux qui n'ont pas de travail
donne l'espoir et ton respect,
à ceux qui souffrent
donne ta compassion
à ceux qui pleurent
donne ton sourire
comme l'aube d'un nouveau jour !

A ceux qui attendent
dans le froid de la solitude
donne la chaleur de tes mains.
A ceux qui ont faim
donne ton pain.
A ceux qui n'ont rien
donne ton bien.

Cet aux infaillibles de la vérité
donne la souplesse du jugement.
A ceux du mépris,
à ceux de l'échec,
à ceux de la souillure,
à ceux du péché,
aux diminués du corps,
aux infirmes du coeur,
aux affaiblis de l'esprit
donne ton amour
comme une source coulant
dans le désert de leurs jours.

Viens mon peuple
baptisé dans l'unique Esprit !
Viens et donne !
Pour créer avec moi
la terre des vivants,
prends les dons
qui te viennent de mon Esprit,
et puis viens,
suis-moi dans le vent ! 

 

 

Juin 2007

 

 


 


                          

Mai 2007

 

Le mot du mois

 

 

Proclamez la Bonne Nouvelle

Souvenez-vous, le mois dernier, je posais la question : Saurons-nous faire ce même passage, cette même expérience que les premiers disciples ? Tout comme les femmes, nous aussi deviendrons-nous les témoins du Christ ressuscité ?

A vrai dire, aucun disciple par ses propres forces n'est tout à fait prêt à entreprendre ce que le Christ propose : Va au large et crie à tous ! Le verbe grec kèrussô signifie littéralement : crier et proclamer. Le Christ demande un mouvement dynamique : lève-toi, marche, va vers les autres, sors, pars et donne ton expérience de ma présence en toi. Cette présence est Parole vivante qui veut se faire chair. Et quand cette ˝Parole Présence˝ s'incarne, il est impossible de la garder, elle appartient à ceux qui l'attendent.

L’Ascension de Jésus au ciel, nous dit que Dieu est ailleurs. Elle symbolise ce nouveau mode de présence, non plus une présence proche, visible et à nos côtés, mais une présence tout intérieure, universelle. La présence de Jésus a cessé d'être extérieure, constatable par les sens, limitée dans le temps et dans l'espace, elle est devenue une présence intérieure. Le Christ est parti pour pouvoir être spirituellement présent à notre vie et la transformer à son image. C'est la présence du Christ selon l'Esprit.

Le Christ présent façonne, sculpte, travaille en nous. Il croit, il espère, il aime en nous dans la mesure où nous Lui faisons confiance. C’est d’un ˝travail˝ dont il est question et d’un travail d'enfantement.

Après ce matin de printemps où nous avons rencontré le Vivant plus fort que la mort, voici : la Parole de la vie n'a pas été retenue dans le tombeau. La mort n'était pas en mesure de garder les mots de la vie. Voici la joie de Pentecôte, abondante comme les langues que parlent les femmes et les hommes qui cherchent le Dieu de toute paix. À Pentecôte, chacun reçoit dans son monde l'Évangile qui libère, chacun peut le partager. La langue est vivante, les mots sont animés. Ils sont protection, consolation, aspiration.

Aujourd’hui, nous espérons que nos voix respirent du Christ, lui qui inventa les mots pour celles et ceux qui espéraient un Dieu proche, qui vienne à leur rencontre. Recueillir sa parole dans les langues d'aujourd'hui, c'est poursuivre son œuvre de vérité et de bonté, signes du Salut.

Puissions-nous prononcer des mots rafraîchissants, avoir l'audace des mots neufs. Que nos oreilles soient attentives en ce jour, pour demander au souffle du Père de les ouvrir véritablement jusqu'à chercher sans repos ce qui fera vivre l'homme. Comme le disait si bien le théologien John Cobb, laissons Dieu œuvrer à travers nous à ˝l’enjoiement˝ du monde dans toutes ses composantes, humaine, végétale, animale et même minérale !

Pour cela, écoutons la parole la plus dérangeante : celle de ce Dieu qui risqua tout, pour simplement dire un amour fou. Aujourd'hui, que cette Parole opère en nous la liberté de l'Esprit.

Disciples ! Nous ne sommes pas seuls, Il est avec nous, Il prie pour nous.

 

 

 

Mai 2007

 

Avril 2007

 

Le mot du mois

 

 

Le tombeau vide !

Après la nuit de la condamnation et celle de la mort... À l'aube de ce premier jour de la semaine, les disciples n'attendent rien. Non ! Le récit évangélique souligne leur ignorance… Matthieu, Marc et Luc nous parlent des femmes, Jean nous parle plus précisément de Marie-Madeleine qui, le sabbat passé, va au tombeau pour rendre un dernier hommage à celui qu'elle aimait. Le tombeau est vide, elle ne sait qu’en penser... Au poids de la tristesse s'ajoute celui d'une profanation.

On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis…

Non ! Ce n'est pas un enlèvement. Il y a, autre chose à espérer, il y a autre chose à comprendre et donc à vivre en dépit ce qui a été la première évidence.

Souvenons-nous du reproche que Jésus, d'après l'évangile de Jean, adresse à Thomas qui exige des signes tangibles pour parvenir à croire. Thomas a voulu croire sans plus avoir à croire. Le Christ lui déclare alors : « Heureux ceux qui croiront sans avoir vu ! » (Jn 20,29) Croire au Ressuscité est un acte libre et non pas une conséquence logique, une nécessité ou une évidence imposées par un tombeau vide.

Le tombeau vide devient alors un signe qui ouvre à l'accueil d'une autre réponse, qui trouve un écho dans l'Écriture qui ne cesse de proclamer l'engagement de Dieu pour la vie des hommes. Elle nous donne de comprendre le combat de Dieu contre tout ce qui enferme les hommes. Ce qui est à l'œuvre ici, c’est l'accomplissement en Jésus du dessein de Dieu.

La foi et l'espérance pascales ne font pas l'impasse sur les drames, les nuits, les souffrances de nos vies d'hommes et de femmes mais, à la lumière de l'Écriture accomplie en Jésus-Christ mort et ressuscité, ceux-ci peuvent devenir un lieu d'espérance parce que contre toute apparence, la haine, la violence, la faiblesse et la mort n'ont pas eu le dernier mot sur la vie de Jésus et ne l'emporteront pas totalement sur nous. Tant qu'il y aura des chrétiens, à la suite des Apôtres, pour crier : « Christ est ressuscité ! », des hommes sauront que la mort peut être affrontée, traversée parce qu'elle ne l'a pas emportée sur l'amour du Christ.

A notre tour, saurons-nous faire ce même passage, cette même expérience que les premiers disciples ? Tout comme les femmes, nous aussi deviendrons-nous les témoins du Christ ressuscité ? Laisserons-nous la nouvelle de la résurrection faire son chemin en nous ?

 

Frédéric Verspeeten

 

 

 

Avrl 2007

 

       Mars 2007 

 

Le mot du mois

 

 

Mon Dieu qu'il est difficile de prier… Voici un petit conte dont chacun tirera la morale ! Ecoutez donc cette histoire, on me l'a racontée, du fond de ma mémoire elle est ressuscitée.

Un jour un rabbin partit en voyage cela se passait au siècle dernier. Il fallait bien plus de temps qu'aujourd'hui pour voyager. Arrivé, sur son lieu de visite, il remercia le Seigneur de lui avoir offert un voyage paisible ; c'était le soir et l'heure de dire les prières du soir approchait. Fébrilement et pieusement notre rabbin se précipita vers son bagage. II l'ouvrit, le fouilla, et après une exploration consciencieuse et plusieurs fois recommencée, il ne sortit point le livre qu'il cherchait désespérément. Il fallait se rendre à l'évidence ; il avait oublié son livre de prières. Pouvait-il s'endormir sans même prononcer la prière du soir ? Non, vraiment c'était impossible. Alors il engagea ce dialogue avec Dieu :

« Seigneur comme tu le vois je suis un mauvais serviteur, j'ai oublié ton livre mais je ne suis pas totalement responsable puisque tu m'as créé ainsi, avec mes faiblesses et mes oublis. »…

Il eut alors l'impression que ces paroles n'avaient pas provoqué la colère de Dieu. Il reprit :

« Seigneur n'es tu pas le maître des lettres et des écrits ? N'as tu pas inspiré à l'homme l'alphabet pour qu'il puisse te comprendre ? De plus, ces prières qu'à l'aide de ton alphabet tu nous as inspirées, tu les connais toutes par cœur .... À force de les entendre tu les connais forcément. »

Il eut encore l'impression après un silence, que la colère de Dieu ne s'était pas abattue sur lui et il reprit :

« Alors Seigneur puisque tu les connais toutes et que tu as créé l'alphabet, je vais me contenter humblement et lentement de répéter toutes les lettres et sachant qu`elles sont toutes dans les mots que tu as inspirés, quand tu les entendras, je te prie de reconstituer mes prières. Béni soit le Saint D'Israël ! »

Notre Rabbin s'endormit alors du Sommeil du juste comme jamais auparavant.

 

Frédéric Verspeeten

 

 

 

Mars 2007

 

 

Février 2007                        

 

Le mot du mois

 

 

Non, nous n’en avons pas fini avec la détresse et le mal. Mais il ne faut pas se décourager. « Le droit et la justice se conquièrent millimètre par millimètre » disait récemment Jean-Jacques de Félice, pacifiste et fervent défenseur des droits de l’homme, avocat des « causes perdues », avocat à la cour d’appel de Paris.

Oui ! On entend encore des SOS, SOS amitié, SOS femmes battues, SOS racisme, SOS enfance maltraitée, SOS pour que les droits de l’homme soient respectés … Mais il faut saluer les 25 ans d’abolition de la peine de mort en France et dans la plupart des pays, une belle victoire sur la barbarie. Certes, des criminels courent encore dans le monde, mais il faut saluer le travail du Tribunal pénal international, même s’il peine à s’imposer et à être reconnu par tous. Il faut saluer les initiatives collectives et individuelles, nombreuses de ceux qui œuvrent depuis si longtemps et qui surgissent encore ça et là, chaque jour, pour rendre la terre habitable et fraternelle. Songeons au récent et très médiatique travail de l’association « Les enfants de Don Quichotte »… Une utopie devenue réalité ? interrogeait le journal Réforme.

Pour que le malheur du monde, la petitesse de l’Église et nos propres insuffisances ne nous écrasent pas, nous avons besoin de puiser nos forces au bon endroit. A qui irions-nous déposer nos cris de détresse ? « A qui irions-nous ? demandaient les disciples au Christ. Tu as les paroles de la vie éternelle… » Rappelons-nous que notre salut et celui du monde sont dans la grâce de Dieu, révélée en Jésus Christ. Il n’est pas inutile de nous recentrer quotidiennement sur cet essentiel de l’Évangile pour accomplir notre travail plus sereinement et savoir entendre et répondre au SOS proches ou lointains qui nous sont adressés.

Je vous offre cette confession de foi de Fritz Westphal.

Je crois au Dieu de la vie.

 

Je crois au Dieu de la vie.
Malgré les peines et les souffrances,
Il suscite l'espérance.

Malgré les échecs et les peurs,
Il conduit vers la liberté.

Malgré les haines et les guerres,
Il crée la réconciliation et la paix
.

Je crois au Dieu de la vie.

Malgré nos refus et nos indifférences,
Il rend possible la rencontre et l'amour.

Malgré nos défaillances et nos incrédulités,
Il donne sens à notre vie.

Malgré la mort qui est en nous et autour de nous,
Il nous fait ressusciter chaque jour
à cause du Christ qui meurt et vit pour nous.

 

 

Février 2007

 

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 Janvier 2007

 

 

Le mot du mois

 

 

Fuite du temps ?... Mois, jours, heures, minutes, secondes... le temps se divise et subdivise. J'ai pour me le rappeler ma montre et mon réveil, et les horloges des gares, des boutiques, des bureaux ; j'ai mon agenda et ses cloisons de jours et ses échelles d'heures qui n'épargnent qu'une part de la nuit et parfois le dimanche.

Certains agendas, c'est vrai, sont désespérément vides, et la lenteur des heures et des jours alourdit le poids de l'ennui, de la souffrance ou de la solitude.

Et d'autres sont désespérément pleins, et la peur du moindre vide pousse leurs propriétaires à noircir le moindre trou de temps, et les heures, les minutes sont brèves et rapides, et on étouffe du manque d'air, de temps libre et ouvert.

Mais nous savons combien des secondes de fin de certaines heures pèsent plus lourd que des minutes, combien des minutes de fin de certains jours pèsent plus que des heures. II y a peut-être des secondes remplies d'éternité. Oui, nous savons combien les découpages sont artificiels, combien le temps est une réalité plus complexe, plus variée, plus subjective que ce que ces instruments de mesure et de division nous font croire. Toute notre éducation, toute notre culture nous incitent à ce découpage, peut-être parce que cette culture pense que le temps est fermé, provisoire, au moins pour moi, individu, et qu'on a d'autant plus besoin d'en maîtriser l'écoulement, le déroulement.

Et s'il y avait erreur, si le temps de l'homme était l'infini, si le temps de Dieu était là dans nos vies... Parce que ce découpage, à la longue, est insupportable, on a dû inventer des temps de parenthèse, temps de fête et de pause, mais aussi des divisions plus larges, comme les années, coupées par des temps-frontière, avec l'illusion de repartir ensuite sur un temps nouveau, de recréer le temps.

Eh bien, profitons-en ! Changeons cette illusion en vie ! Recréons notre temps, en nous, autour de nous.

Soyons libres de vivre et d'aimer par-delà les cloisons et les escaliers de tous les temps fermés.

Car ce qui passe au travers des frontières du temps, ce qui décloisonne les frontières de ma vie, c'est ce qui m'ouvre aux autres, c'est l'amour, l'amitié, la pitié même, la charité.

Sachons entrer pour une nouvelle année dans ce temps de l'amour, ce temps de Dieu, ce temps de l'infini, de l'éternel de la liberté de la vie.

C’est avec cette brève méditation que je vous adresse mes vœux les meilleurs pour l’année 2007.

Janvier 2007

 

 

 

 

  .

  

 Décembre 2006

 

Le mot du pasteur

 

 

 

Ce mois ci, comme méditation de Noël, je vous propose le texte liturgique ci dessous et je vous invite cordialement à participer à nos différentes rencontres de préparation à Noël. Des temps de réflexion, d’approfondissement et de convivialité sont programmés pour vous (voir rubrique activités). L’ensemble s’adresse bien entendu aux membres de nos deux Églises :

- À Saint-Amand le jeudi 7 décembre culte de l’Avent maison de retraite Béthanie, le jeudi 14 décembre « Foi et Société » et la veillée du dimanche 24 décembre,

- À Valenciennes, le dimanche 17 décembre la fête de Noël animée par les enfants des écoles bibliques, le goûter fraternel pour tous du jeudi 21 décembre après-midi où, j’insiste sur ce point, nous entourerons avec reconnaissance nos aînés qui, lorsque leurs forces le leur permettaient ont servi avec dévouement dans nos communautés et le culte de Noël du lundi 25 décembre.

Dès maintenant, Joyeux Noël à tous et que Dieu vous donne sa paix.

Frédéric Verspeeten

Décembre 2006

Noël revient !

La plus divine des vérités
est enfermée dans le plus terrestre des humains.
Dieu est un enfant. Sur la paille !
Et, il est aujourd'hui aussi fragile, vulnérable...
et aimant qu'au premier jour.
Vulnérable :
Il n'y a pas de place pour un Dieu d'amour
dans ce monde de la concurrence et des violences.
II n'y a pas de place pour un Dieu de tendresse
dans nos vies pleines de démonstrations intelligentes et de certitudes.
Quant un Dieu enfant frappe à la porte, notre monde affiche « complet ».
Si ! Dieu a trouvé une place de poids dans une mangeoire !
Il s'installe là ou l'homme ne veut pas aller, ne veux pas habiter : dans une étable.

Dans ce coin obscur de nos vies ou surgissent nos orgueils et nos hontes,
nos peurs et nos avarices, nos refus et nos désirs d'exclusion :
c'est là que Dieu vient pour être avec nous et pour nous.
Pour transformer nos peurs et nos égoïsmes en amour et en ouverture aux autres
nos injustices et nos exclusives en élans de solidarité avec tous les hommes.
Ne cherchez pas Dieu à Noël dans les lumières qui scintillent.
Cherchez le dans l'obscurité des écuries de ce monde et de vos vies.

C'est là qu'il vient  pour vous sauve

 

 

Salle paroissiale de l’Eglise réformée de Valenciennes

Fête de Noël

Dimanche 17 décembre 2006, 15 heures

Le baladin de Noël

A travers un conte d’Orient, les enfants nous guideront dans notre marche vers Jésus ...

Venez nombreux. Amenez vos amis

 

 


Lire :
comprendre et fêter Noël aujourd'hui

 

 

 

                            Novembre 2006

 

Le mot du pasteur

 

 

Nous re-voici en novembre le mois de tous les saints, des défunts d’halloween !

Alors que notre civilisation évite au maximum la rencontre de la mort, nous constatons qu'avec Halloween, une population non chrétienne s'intéresse au sens de la mort, au même moment de l'année où l'Église catholique fête tous ses saints et ses morts.

Faut-il déceler des réminiscences de paganisme, de « christianisation ratée », d'invasion de l'aspect morbide et infernal de la société moderne ?

C'est vrai qu'un vieux fond de paganisme sommeille dans nos sociétés et en nous... et dans les enfants. Mais la fête de « tous les saints » n'a-t-elle pas aussi une origine païenne ? La « christianisation » des rites ancestraux laisse entrevoir les vieilles coutumes antiques.

C’est vrai, il faut le reconnaître, l’éthique chrétienne tend à être supplantée par des émotions folkloriques.

Mais, derrière ces coutumes qui mettent en scène la mort, les sorcières, etc., comment ne pas discerner la volonté humaine de conjurer le sort, de se moquer des puissances négatives pour mieux les éloigner ou se les concilier. Notre humanité d’aujourd’hui comme celle d'hier sait fort bien que la vie est éphémère, et quelque part nous aimerions tous maîtriser notre devenir et savoir ce qu il en sera de la vie au delà de notre vie terrestre.

Ces festivités, un peu étranges pour certains, ne sont-elles pas un appel à sortir des murailles de nos temples et de nos coutumes souvent « austères » pour témoigner au dehors du bonheur d'être chrétien dans une société en quête de repères, de raisons de vivre et pour se réjouir ensemble ?

L’Avent durant les quatre dimanches de décembre avant Noël marquera justement la venue de Dieu qui ne nous laisse pas errer loin de lui. Il nous appelle à vivre, à lui faire confiance, à marcher sur des chemins de justice. Le temps de l’Avent nous redira au cœur de nos angoisses que Dieu en Jésus-Christ est devenu l’espérance des pauvres, la lumière des hommes, le sauveur du monde, celui qui nous ouvre le Royaume.

Un jour, la Vie sans mort nous accueillera dans sa splendeur pour l'épanouissement de notre Etre et sa libération définitive.

En attendant ce jour …  « Notre Dieu nous te demandons d'élargir l'espace de nos tentes et de nos vies. Nous te demandons d'avoir un cœur assez désintéressé de lui-même, pour que beaucoup d'autres intérêts puissent y nicher leur nid. Nous souhaitons pouvoir cueillir, accueillir et recueillir les êtres et les choses qui surviennent sur nos chemins, chanter avec ceux qui rient, pleurer avec ceux qui souffrent, songer avec ceux qui rêvent, agir avec ceux qui transforment, voir avec ceux qui montrent, deviner avec ceux qui cachent, marcher avec ceux qui se lèvent, camper avec ceux qui s'arrêtent, aller avec ceux qui courent, souffler avec ceux qui récupèrent, parler avec ceux qui échangent, nous taire avec ceux qui font halte. Nous souhaitons, ô Dieu, avoir un cœur au large, un cœur en émoi et en ardeur, un cœur en arrêt et en douceur.

Sérieusement, Seigneur notre Dieu, nous te le demandons, chaque jour, élargis-nous, pour que vieillir ne soit pas s’endurcir, mais sans cesse mûrir, avec la pluie et le soleil, avec la fleur et le fruit » (André Dumas, Cent prières possibles).

Oui, comme le demandait Moïse, l’homme de Dieu : « Apprends-nous à bien compter nos jours, pour que nous conduisions nos cœurs avec sagesse. » Psaume 90

Frédéric Verspeeten

Novembre 2006

 

 

 

 

 

 

                        Octobre 2006

 

Le mot du pasteur

 

 

Nous vivons tous dans un écart entre l’idéal et le quotidien…

Cet écart est difficile à accepter, et nous en souffrons plus ou moins, parfois en retournant la souffrance contre nous-même – « Je suis vraiment un incapable et je n’aurais jamais dû m’engager dans cette voie ! » - parfois en la transformant en agressivité contre « les autres et la baisse ou l’absence de leur niveau d’engagement ! ».

Voilà des choses qu’on ne dit guère et qui sont, pourtant, notre lot commun. Découragés ! Croyez-moi : aucun chrétien n’est à l’abri de ces plaintes. Et ne soyez pas culpabilisés d’y céder parfois. C’est l’inévitable revers de la médaille. Le verso de l’ambition lumineuse qui nous a fait, un jour, choisir ce chemin de service de la communauté…

Mais, au moment de la reprise de nos activités, devons nous nous laisser encombrer par ces états d’âme ?

Pour ma part, en cette rentrée, riche des projets que nous mettrons ensemble en route, je n’ai, pas la moindre inclination pour rester dans cette disposition d’esprit qui évoque les tableaux les plus sombres et ne nous conduit qu’à la stagnation ! Je reste debout, au travail et, comme vous, je ne suis vraiment heureux que quand je m’approche un peu plus de ma source intérieure, quand je sors d’une rencontre fraternelle avec le sentiment que « ça a marché »… Et chacun de vous peut y contribuer s’il le veut !

Vous le savez, on ne construira pas une « église idéale pour tous », comme on ne la construira pas, non plus, sans vous, sans chacun d’entre vous. Je le répète : L’Eglise est une œuvre dynamique, elle est un mouvement en cours. Ne laissons pas notre foi dépendre de nos humeurs et de nos sentiments. Mais vivons la, dans la certitude que Dieu nous aime sans condition et ne nous a pas faits pour vivre notre foi en solitaires.

« Alors, mon Dieu, fais que je cesse de blâmer l’Eglise, pour me dispenser moi-même d’y travailler. Fais que je cesse de lorgner ses déficiences, par le trou de la serrure, pour me protéger moi-même de franchir sa porte. Fais que je quitte le banc des spectateurs et des moqueurs pour m’asseoir au banc des acteurs et des célébrants. Car ainsi seulement je m’arrêterai de regarder ton Eglise, qui est notre Eglise pour y vivre avec les autres. » (Prière du pasteur André Dumas, Cent prières possibles).

Recherchons donc et entretenons le contact avec les autres en Eglise. Une bonne occasion vous est donnée : Rejoignez-nous en ce début d’année à la fête de l’église de Valenciennes, le 8 octobre prochain.

A bientôt !

Frédéric Verspeeten

Octobre 2006

 

 

 

 

 

 

                         Juillet 2006

 

Le mot du pasteur

 

 

L’été, plus que d’autres saisons devrait être l’occasion de ressourcement. Nos manières de vivre ces temps de repos devraient nous permettre des temps de méditation, de réconciliation intérieure, de recherche de nos aspirations profondes et ainsi de réanimation de soi en vue d’un engagement renouvelé, car à la rentrée, des tâches nous attendent qui nous veulent forts !

Souvenez-vous de ce texte de l’Evangile selon Luc 14/28 : «Quand l'un de vous veut construire une grande maison, il commence par s'asseoir et il calcule : "Combien est-ce que cela va coûter? Est-ce que j'ai assez d'argent pour aller jusqu au bout ?... »

Alors je vous invite à vous asseoir ! Cette invitation peut surprendre. Ne sommes-nous pas dans une société où l'on ne cesse de demander aux uns et aux autres une plus grande mobilité ? Et pourtant elle constitue un grand conseil de sagesse et de prudence. S'asseoir permet en effet à chacun d'entre nous de grandir spirituellement et humainement. Car s'il est vrai que l'homme se réalise dans l'action, il ne peut évoluer qu'en comprenant ce qui lui arrive, qu'en analysant les situations, qu'en portant un regard sur lui-même et sur ses actes. Ainsi :

- S'asseoir avant de prendre une grande décision, c'est choisir de réfléchir avant de décider. S'asseoir permet alors de prendre du recul tant dans notre vie personnelle que dans notre vie d’église ou professionnelle.

-S'asseoir c'est aussi retrouver ses racines, mieux se connaître, en analysant nos réactions, nos sentiments. Si nous courrons sans cesse, nous aurons certes le sentiment de «faire» beaucoup de choses, mais nous risquons un jour d'éprouver un énorme vide au niveau de l'être.

- S'asseoir permet de poser un regard sur le monde et sur les autres. Comment écouter, échanger, parler, dialoguer avec ceux qui nous entourent (conjoint, enfants, amis, collègues de travail) si nous ne prenons pas le temps de nous asseoir avec eux ?

- S'asseoir permet enfin de prendre le temps de prier, de converser avec Dieu, et d'écouter ce qu'il a à nous dire. Ce conseil de Jésus a donc des incidences directes sur notre vie quotidienne. Si nous désirons devenir plus sages, croître, et trouver la paix intérieure, nous asseoir constituera un moyen simple et concret. En suivant ce conseil, nous allons peu à peu prendre racine sur cette terre où nous marchons, dans le lieu où nous habitons, au milieu des gens que nous côtoyons. Ainsi, ceux qui nous croiseront, sentiront notre enracinement dans quelque chose de plus fort, de plus essentiel, et nous ne naviguerons plus à la surface des choses.

Alors, pendant ce temps de vacances, asseyons-nous, afin de devenir plus stables et plus paisibles !

Voici une prière d’André Dumas (Cent prières possibles), qui nous invite à redonner du temps au temps :

Notre Dieu, donne-nous du temps.

Empêche-nous de vouloir aller plus vite que ne nous permet la longue houle de notre coeur.

Fais que nous ayons patience avec nous-mêmes, car le temps progresse et cicatrise, alors même que nous démange sa lenteur et que nous inquiètent ses retours de flamme.

Donne-nous du temps pour prendre et pour apprendre, car nous ne sommes point faits pour vaincre sans convaincre, pour saisir sans habiter, ni pour parcourir sans séjourner.

Donne-nous la tendresse qui accompagne le désir et qui permet l'amour. (...)

Donne-nous aussi du temps pour nous déprendre et nous guérir.

Donne-nous de retrouver le chemin de nos vies au travers des buissons de nos passions et des pierrailles de nos écorchures.

 

Que Dieu nous garde, bon été à chacun !

Frédéric Verspeeten

Juillet 2006

 

 

 

 

                          Juin 2006

 

Le mot du pasteur

 

 

Mois de juin !  Pentecôte, fête de la musique et s’il y avait un lien ?

Nous allons une nouvelle fois vers la fête de la Pentecôte, forts de la promesse du matin de Pâques !  En ce temps de l’année liturgique, l'Esprit Saint,  nous rappelle que nous ne pouvons pas vivre pour le Christ indépendamment les uns des autres, pas plus que nous ne pouvons lui être fidèles sans nous aimer les uns les autres.

Si nous relisons le deuxième chapitre des Actes, l’Esprit Saint a fait connaître le Christ ressuscité à la foule et l'a amenée à former une communauté. Les personnes réunies là étaient à la fois déconcertées et perplexes. L'Esprit les a conduites au-delà de ce qui était habituel et attendu, vers des relations plus profondes. Ce jour-là, l'Esprit a uni des personnes par-delà les cultures, les races et les langues, au point que le Christ a empli tous les cœurs. Il est donc bien ici question d’harmonie….

André Gounelle, dans son livre Le dynamisme créateur de Dieu, exprime la réalité divine par une image, celle du chef d'orchestre, qu'il emprunte à J. Cobb.

 Parmi différentes œuvres musicales, un chef d'orchestre en choisit une, par exemple une symphonie, qu'il veut jouer. Au départ, il a une certaine compréhension de cette symphonie et de la manière dont on doit la jouer.

Chaque musicien de l'orchestre reçoit une partition qui lui indique ce qu'il lui revient de jouer. Le projet d'ensemble se fractionne en une multitude de programmes particuliers dont la cohérence correspond à la visée initiale. Dieu propose à chacun de nous un objectif qui s'inscrit dans le projet d'ensemble et y contribue. Il demande à chaque être du monde d'entrer dans son dessein, d'y participer et de s'y engager pour la part qui lui incombe.

L'exécution de la symphonie naît d'une collaboration, d'un travail en commun. Elle ne naît pas du seul chef d'orchestre, mais de l'ensemble des musiciens. Au moment du concert, il arrive que des fausses notes, des couacs plus ou moins retentissants viennent entacher son exécution. La faute n'en incombe pas au seul chef, mais à un instrument mal accordé ou à une erreur de tel ou tel musicien. De même, Dieu n'est pas l'unique cause du monde, nous contribuons à sa formation et portons, pour une part, la responsabilité de ce qu'il est.

Aujourd'hui, l'Esprit Saint ne nous appelle pas à l'arrogance spirituelle, au triomphalisme facile, au conformisme, à la résignation, à la neutralité ou au fatalisme, mais à l'espérance, à l'engagement et à l'action transformatrice et constructive qui ouvre la voie à une nouvelle civilisation de l'Esprit, de la Justice et de l'Amour. Qu'en ce temps de Pentecôte, nous soyons emplis d'une espérance, d'une hardiesse et d'une foi nouvelles !

Juin 2006

 

 

Frédéric Verspeeten

 

                            Mai 2006

 

Le mot du pasteur

 

 

Nous ne pourrons pas commencer ce mois sans évoquer que notre monde est en turbulences : guerres, famines, mouvements sociaux… Il est plus que jamais important de nous interroger sur ce que nous attendons de la vie. Jésus qui mourut, après avoir mené jusqu'au bout son combat pour la justice et la paix, nous laisse l'évangile. Pendant longtemps j'ai considéré que l'évangile était une collection de paroles. Mais nous sommes obligés de reconnaître qu'une collection de paroles en elle même n'a rien d'original et qu’il y a de nombreux beaux textes de la littérature de tous les temps qui ont ouvert des perspectives à la pensée des hommes et à l'évolution de notre vie en société. Mais, il y en eut aussi de moins bons, c'est là le paradoxe de la nature humaine. Mais pour revenir à l'évangile, je crois qu'il est l'expression de la vérité de la présence de Dieu au delà des mots prononcés puis écrits.

Derrière ces mots se cache l'essentiel, l'Esprit même de Dieu, celui qui donnera la force aux disciples pour annoncer qu'au delà des apparences la vie est portée par Dieu. Les paroles de l'évangile sont habitées d'une présence spirituelle, celle de Dieu et si les mots ne sont pas littéralement parole de Dieu, ce qu'ils expriment est tout entier porté par la parole de Dieu. Un Dieu qui aime, qui se fait proche, parfois silencieux, mais présent, qui s'intéresse pleinement à notre devenir. Si lui le fait, il nous est alors demandé de nous inspirer de son œuvre et de nous intéresser nous aussi à nos proches. Aujourd'hui dans notre monde il y a encore des blessés, des enfants sans avenir, des malades qui attendent notre sollicitude, notre amour. Chaque fois que nous serons capables d'aimer, de renoncer au mal, d'être présent aux autres, nous serons devenus des messagers du Royaume. Ce ne seront pas seulement des mots mais des manifestations de la présence de Dieu. Alors, l'Esprit saint pourra faire son chemin dans nos cœurs en quête d'espérance.

Viens, Esprit du Dieu vivant, sois le maître en moi.
Sonde-moi, courbe-moi, façonne-moi.
Viens, Esprit du Dieu vivant,
Viens et règne en moi !

 Mai 2006

 

 

Frédéric Verspeeten

 

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